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Société

Déchets, pollution et chiens errants : l’alerte rouge pour la réserve du Lac de Tunis

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  • 19 juin 2026
  • 3 min de lecture
Déchets, pollution et chiens errants : l’alerte rouge pour la réserve du Lac de Tunis

Un recensement complet de l’avifaune a été effectué, dimanche dernier, 14 juin 2026, par l’Association « Les Amis des Oiseaux » (AAO/BirdLife en Tunisie) à la Réserve des oiseaux du Lac de Tunis. Cette action prépare la mise en place de l’Observatoire des Zones humides du Grand Tunis (OZHGrandTunis), un projet qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative de Protection et de restauration des zones humides en Méditerranée (PROZHUM). Si la diversité spécifique reste remarquable, le site fait face à des menaces environnementales croissantes, rapporte l’association.

En suivant le protocole de comptage spécifique de ce site et de la saison, 32 espèces d’oiseaux ont été identifiées pour un total de presque 470 individus dont 60% d’oiseaux d’eau. Avec 18 espèces d’oiseaux d’eau, la réserve reste toutefois légèrement en dessous de la diversité spécifique habituelle pour cette période.

D’après l’association, bien que le niveau d’eau, soit relativement bas et le bloom des algues vertes très marqué, la Réserve d’Oiseaux conserve une diversité spécifique remarquable avec des oiseaux durant une période critique de leur cycle de vie annuel. Plusieurs espèces d’oiseaux y ont été observées transportant de la nourriture, sur leur nid ou avec leurs jeunes parmi lesquelles l’Echasse blanche (Himantopus himantopus), la sterne naine (Sternula albifrons), la sterne pierregarin (Sterna hirundo), l’œdicnème criard, la pie-grièche, le moineau espagnole, l’étourneau unicolore (Sturnus unicolor) et la bergeronnette printanière (Motacilla flava). D’autre part, certains migrateurs de passage et hivernants étaient déjà présents tels que le pluvier argenté et le courlis cendré.

Une situation environnementale dégradée

Le bilan de l’association pointe toutefois des conditions écologiques difficiles. En effet, la piste principale, qui traverse le site, s’est fortement dégradée. De plus, toute la zone est sous l’emprise de la pollution solide et hydrique, avec des déchets dangereux (granulés de plastique, verre brisé…). La présence de nombreux chiens errants chassant l’avifaune constitue également une menace supplémentaire pour la faune locale.

Face à ce constat, l’association invite les gestionnaires de cette réserve à prendre les mesures nécessaires pour remédier à ces situations qui mettent en danger les usagers du site et l’avifaune locale et de passage.

Financé par l’Agence Française de Développement, le projet de Protection et Restauration des Zones Humides en Méditerranée), vise à renforcer les capacités et l’impact des organisations de la société civile du sud et de l’est de la Méditerranée, en faveur de la conservation des zones humides, à développer et à partager les connaissances sur la restauration des zones humides dégradées, et à faciliter la compréhension par les décideurs de l’état écologique des zones humides. Il soutient les ONGs locales pour préserver ces écosystèmes menacés en Tunisie et dans 9 autres pays.

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Auteur

La Presse

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