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Tunisie : ce que l’on sait de l’incident survenu au barrage de Mellègue

  • 19 juin 2026
  • 3 min de lecture
Tunisie : ce que l’on sait de l’incident survenu au barrage de Mellègue

Une défaillance mécanique survenue au niveau d’une des portes du barrage de Mellègue, dans le gouvernorat du Kef, a provoqué une perte importante de capacité hydraulique, sans faire de victimes ni causer de dégâts majeurs aux infrastructures environnantes, selon les premières analyses des experts et des autorités.

L’incident, signalé mercredi par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a immédiatement mobilisé les services techniques spécialisés afin d’évaluer la situation et de prendre les mesures nécessaires pour sécuriser l’ouvrage. Les interventions d’urgence se poursuivent pour stabiliser le fonctionnement du barrage.

Selon l’enseignant agrégé de géographie et spécialiste en climatologie, Amer Bahba, la panne serait liée à un dysfonctionnement mécanique ayant affecté une porte du barrage, l’une des structures hydrauliques les plus anciennes du pays, âgée de plus de 70 ans. Il estime que l’ouvrage approche d’un seuil critique de vétusté pouvant, à terme, limiter son exploitation.

L’expert souligne également que près de quatre cinquièmes de la capacité de stockage du barrage ont été perdus en raison de l’accumulation massive de sédiments au fil des décennies. Ce phénomène réduit fortement l’efficacité des retenues d’eau et augmente la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques anciennes.

Malgré l’incident, le niveau d’eau a commencé à diminuer par rapport à la veille, mais les flux hydriques restent actifs à travers l’oued Mellègue et l’oued Medjerda. Ces écoulements devraient se poursuivre durant plusieurs jours avant d’atteindre le barrage de Sidi Salem, qui dispose, selon les spécialistes, d’une capacité suffisante pour absorber ces volumes sans difficulté majeure.

Aucune perte humaine n’a été enregistrée. Les dégâts matériels se limitent à quelques exploitations agricoles situées en bordure des oueds, qualifiés de dommages mineurs par les autorités locales et les experts.

Le chercheur rappelle par ailleurs que la mise en service progressive du futur barrage Mellègue 2 pourrait, à terme, contribuer à renforcer la gestion hydrique de la région. Il insiste toutefois sur la nécessité d’entretenir et de réhabiliter l’ouvrage actuel afin d’éviter toute dégradation supplémentaire de ses performances.

Cet incident relance plus largement le débat sur le vieillissement des infrastructures hydrauliques en Tunisie et la nécessité d’investissements réguliers pour assurer leur maintenance, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources en eau.

R.I

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R. I

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