Une étude récente menée par le service universitaire de médecine du travail et des maladies professionnelles de l’hôpital universitaire Charles Nicolle de Tunis révèle une augmentation notable des départs à la retraite anticipée pour raisons de santé en Tunisie. Les secteurs les plus concernés sont ceux de la santé, du bâtiment et du textile.
Les résultats de cette étude, basée sur 146 dossiers déposés entre janvier 2017 et mars 2025, montrent que l’âge moyen des personnes concernées est de 53 ans, avec une forte prédominance des ouvriers, représentant plus de 70 % des cas. L’ancienneté professionnelle moyenne est estimée à environ 25 ans.
Les maladies chroniques au cœur des départs anticipés
L’analyse met en évidence le rôle central des maladies chroniques dans l’augmentation des retraites anticipées. Les pathologies ostéo-articulaires ainsi que le diabète avec complications arrivent en tête, chacune représentant 28,1 % des cas.
Elles sont suivies des maladies respiratoires (23,3 %), des troubles psychiatriques (17,1 %), des maladies cardiovasculaires (15,1 %) et des cancers (8,9 %). Les chercheurs soulignent ainsi la pression croissante exercée par les maladies de longue durée sur la capacité de travail des salariés.
Usure professionnelle et invalidité élevée
L’étude indique également que huit cas de retraite anticipée sont liés à des accidents du travail. Dans 71 % des situations, le départ est attribué à une usure précoce de l’organisme, contre 29 % pour incapacité physique.
Le taux moyen d’invalidité partielle permanente atteint 77,7 % chez les personnes concernées, un niveau jugé élevé par les spécialistes.
Les auteurs de l’étude estiment que ces résultats traduisent l’impact croissant des maladies chroniques sur les parcours professionnels en Tunisie. Ils appellent à renforcer les politiques de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge médicale.
L’objectif est de réduire les complications liées à ces pathologies et de limiter leur impact sur la capacité de travail, afin de freiner le recours de plus en plus fréquent à la retraite anticipée.
S.R


