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Société

Affaire Monjia Manaï : huis clos, dénégations et zones d’ombre au tribunal

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  • 20 juin 2026
  • 3 min de lecture
Affaire Monjia Manaï : huis clos, dénégations et zones d’ombre au tribunal

L’audience consacrée à l’affaire du meurtre de l’avocate défunte Monjia Manaï a connu, vendredi devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, une série de développements majeurs, marqués par l’interrogatoire du principal accusé, son fils médecin extradé d’Allemagne, ainsi que par des décisions procédurales importantes, dont la remise en liberté de l’ex-époux de la victime et le report du procès au 2 octobre pour les plaidoiries.

Selon un membre du comité de défense, la juridiction a décidé de libérer l’ex-mari de la victime à l’issue de la séance, après avoir procédé à l’audition de l’ensemble des accusés dans ce dossier criminel complexe. Tous les mis en cause ont été présentés à la barre lors de cette audience décisive.

Un interrogatoire sous tension et des aveux partiels contestés

Le fils de la victime, poursuivi pour meurtre avec préméditation, a été entendu lors d’une séance tenue à huis clos à sa demande. Il a justifié cette requête par la volonté de livrer des informations sensibles qu’il a refusé de rendre publiques.

Durant son interrogatoire, l’accusé a décrit une relation “extrêmement tendue” avec sa mère, qu’il a qualifiée de “cauchemar”, affirmant avoir souffert de troubles psychologiques et d’hallucinations, allant jusqu’à croire à des présences inexistantes à son domicile.

Il a également évoqué un différend familial autour du lieu de résidence, indiquant avoir proposé à sa mère de s’installer en France ou en Allemagne chez un proche, tout en rejetant son souhait de vivre en Tunisie avec lui.

Démentis fermes sur les accusations criminelles

Face aux accusations retenues contre lui, notamment des menaces de mort et des actes prémédités, le mis en cause a catégoriquement nié toute implication dans des intimidations ou violences à l’encontre de sa mère.

Il a aussi contesté toute manipulation des caméras de surveillance du domicile familial ainsi que toute recherche en ligne liée à ces dispositifs. Par ailleurs, il a rejeté l’ensemble des éléments matériels retenus contre lui, notamment les traces génétiques retrouvées sur le foulard ayant servi à l’étranglement de la victime et dans le véhicule de celle-ci.

Une demande de huis clos pour des révélations sensibles

Au cours de la séance, l’accusé a sollicité la tenue d’une audience à huis clos, affirmant détenir des éléments essentiels susceptibles d’éclairer le dossier, mais qu’il refuse de dévoiler en public en raison de leur caractère “extrêmement sensible et personnel”.

Il a insisté sur la nécessité de garantir la confidentialité pour permettre la révélation de ces informations, susceptibles selon lui de modifier la compréhension des faits et des relations entre les différentes parties impliquées.

À l’issue de l’audience, la chambre criminelle a décidé de renvoyer l’affaire au 2 octobre pour la phase des plaidoiries, après la clôture des interrogatoires. Le dossier reste marqué par de fortes tensions procédurales et des versions contradictoires autour des circonstances du meurtre de l’avocate Monjia Manaï.

R.I

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Auteur

La Presse

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