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Investissement en capital et IA : Un nouveau défi pour le métier ?

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  • 20 juin 2026
  • 5 min de lecture
Investissement en capital et IA : Un nouveau défi pour le métier ?

Dans le monde des affaires, l’intelligence artificielle (IA) est en train de bouleverser les écosystèmes économiques. Désormais, aucun secteur n’échappe à cette révolution technologique. Outre l’industrie, la création artistique, les TIC et bien d’autres domaines où l’IA continue de voler la vedette aux ingénieurs et aux créateurs, le secteur financier n’est pas en reste. Plus particulièrement, le capital-investissement voit ses métiers se transformer sous l’effet de cette technologie.

La Presse — Comment tirer profit de cette nouvelle vague  qu’est l’Intelligence Artificielle ? Comment en faire une alliée aussi bien pour l’investisseur que pour l’entreprise ? Ces questions ont été au cœur des débats de la conférence annuelle de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (Atic), organisée cette année sur le thème «Intelligence artificielle et investissement durable ».

Représentant le ministère des Technologies de la communication, Tarak Triki, directeur général de Smart Capital, a ouvert la conférence en prononçant une allocution en son nom. Selon lui, le thème retenu cette année témoigne de son importance stratégique pour le secteur, un intérêt que « le gouvernement salue et partage ».

Un levier de performance  

Affirmant que l’intelligence artificielle vit un moment charnière, le responsable a souligné qu’elle n’est plus une promesse de laboratoire, mais une réalité opérationnelle qui transforme en profondeur les modèles d’affaires, les processus de décision et la compétitivité à l’échelle mondiale. « Dans le secteur du capital-investissement, cette transformation est particulièrement visible dans le choix des investissements et dans l’accompagnement que nous mettons en place au profit des startups, des PME et, plus largement, des entités que nous soutenons. La question n’est plus de savoir si nous allons adopter l’IA — cela relève désormais de l’évidence — mais à quelle vitesse, avec quelle gouvernance et selon quelle stratégie », a-t-il plaidé.

Il a ajouté que la Tunisie n’est pas spectatrice de cette révolution, mais qu’elle en est désormais un acteur. Parmi ses atouts figurent la débrouillardise  de son capital humain, une tradition d’ouverture à l’international, un tissu d’institutions financières en pleine mutation ainsi qu’une volonté politique claire  d’intégrer le numérique au cœur du modèle de développement. Dans ce contexte, il a estimé que la Tunisie dispose des moyens nécessaires pour se positionner comme un hub régional du financement de l’IA, un objectif auquel œuvrent l’ensemble des acteurs de l’écosystème.

« Les fonds qui intégreront l’IA dans leurs processus disposeront d’un avantage compétitif durable. Ceux qui attendront accuseront un retard de plus en plus important », a-t-il averti. Cette transformation portée par l’IA doit, en outre,  s’accompagner d’une conformité réglementaire rigoureuse et du respect des critères ESG, a-t-il ajouté.

Des recommandations pour soutenir le secteur

Pourquoi avoir choisi l’IA comme thème de la conférence ? Selon Salma Ben Hamida Zouaoui, présidente de l’Atic, ce choix s’est imposé naturellement dans un contexte où le recours à l’intelligence artificielle est devenu synonyme d’efficacité et de performance. Cette conférence vient couronner un processus entamé en mai avec l’organisation d’un hackathon consacré à l’application de l’IA dans le secteur du capital-investissement, puis poursuivi le 15 juin par une master class dédiée au même sujet et destinée aux acteurs de l’écosystème.

L’événement a également permis de présenter les résultats de ces initiatives et de synthétiser les recommandations formulées par les différents acteurs en faveur d’un déploiement efficace de l’IA.

Revenant sur les résultats de l’année 2025, la présidente de l’Atic a indiqué que les investissements en capital ont progressé pour atteindre 740 millions de dinars, injectés dans 223 entreprises. Parmi ce montant, 204 millions de dinars ont été consacrés à des opérations de restructuration financière. « Ces chiffres témoignent du regain de confiance dans le capital-investissement. On a pris conscience que le financement ne se limite pas aux crédits bancaires.

Le renforcement des fonds propres constitue également un levier essentiel. Les entreprises ont atteint un niveau d’endettement critique et les crédits bancaires ont eux aussi atteint leurs limites. Il n’existe donc pas d’autre alternative que de renforcer les fonds propres», a-t-elle commenté. Interrogée sur l’intelligence artificielle, Mme Zouaoui a estimé que le secteur n’en est encore qu’à ses débuts et que cette conférence constituera un point de départ pour réfléchir et agir.

Selon elle, l’intégration de l’IA est importante aussi bien pour les fonds d’investissement, où elle peut jouer un rôle majeur dans la prise de décision et tout au long du processus de financement ainsi que dans l’accompagnement des entreprises, que pour les entreprises elles-mêmes puisque l’adoption de l’IA pourrait  devenir, à l’avenir, un critère d’éligibilité ou d’attractivité pour les investissements.

Parmi les recommandations formulées par les acteurs de l’écosystème, la présidente de l’Atic a cité la prolongation jusqu’en 2031 des avantages financiers accordés aux fonds de retournement, qui arrivent à échéance en décembre 2026. Une mesure qui tiendra compte, d’après ses dires, des difficultés auxquelles les entreprises sont aujourd’hui confrontées.

Elle a également évoqué plusieurs propositions relatives au Code des changes ainsi qu’aux incitations susceptibles d’être mises en place afin de renforcer l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs étrangers.

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Auteur

Marwa Saidi

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