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Société

Mellègue, le doyen des barrages tunisiens, voit sa capacité chuter de 80 %

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  • 20 juin 2026
  • 3 min de lecture
Mellègue, le doyen des barrages tunisiens, voit sa capacité chuter de 80 %

La Tunisie dispose de 37 grands barrages pour une capacité totale de stockage estimée à 2,3 milliards de mètres cubes, a indiqué l’ingénieur et expert en ressources hydrauliques Mohamed Salah Glaïed.

Selon l’expert, le barrage de Sidi Salem demeure le plus important du pays avec une capacité de 580 millions de mètres cubes. Le barrage de Mellègue, considéré comme le plus ancien ouvrage hydraulique du pays, affiche quant à lui plus de 70 ans d’existence. Sa capacité initiale, estimée à 268 millions de mètres cubes, a toutefois chuté d’environ 80 % en raison de l’envasement, pour atteindre aujourd’hui près de 51 millions de mètres cubes.

Une baisse liée à l’envasement et au manque de reboisement

Cette diminution importante des capacités de stockage est principalement due à l’accumulation de sédiments, un phénomène aggravé, selon Mohamed Salah Glaïed, par l’absence de reboisement au niveau des bassins versants. Une meilleure couverture végétale permettrait pourtant de prolonger la durée de vie des barrages de 70 à 100 ans.

Face à cette situation, les autorités ont engagé la réalisation du barrage de Mellègue supérieur, conçu pour compenser la perte de capacité de l’ouvrage historique. Le projet affiche un taux d’avancement de 98 % et devrait entrer en exploitation à partir de l’automne prochain.

Concernant les événements récents, l’expert a expliqué qu’une opération de purge visant à évacuer les dépôts de boue a été effectuée via l’ouverture d’une vanne du barrage. L’opération s’est déroulée avec succès, mais la fermeture de la vanne a connu un dysfonctionnement, rapidement maîtrisé avec prudence afin d’éviter tout risque.

Les eaux libérées ont été redirigées vers le barrage de Sidi Salem, sans pertes significatives, précise-t-il.

Une situation de stress hydrique structurel

Malgré un taux de remplissage dépassant les 60 % dans les barrages tunisiens, Mohamed Salah Glaïed estime que la Tunisie demeure confrontée à une situation structurelle de stress hydrique, aggravée par les évolutions climatiques.

Il appelle ainsi à poursuivre les efforts de rationalisation de la consommation d’eau et à renforcer les solutions alternatives, notamment le dessalement de l’eau de mer.

La Tunisie a déjà mis en place une stratégie nationale de gestion et de préservation des ressources hydriques, visant à lutter contre la pénurie d’eau à l’horizon 2050, dans un contexte de pression climatique croissante.

S.R

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Auteur

La Presse

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