Le plus dur, scandaleux et déshonorant, ce n’est pas de subir une défaite, mais plutôt de l’accepter sans se battre.
La Presse — On avait affirmé, sur ces mêmes colonnes, que l’équipe tunisienne de football « se présente au Mondial 2026 totalement désarmée, tant sur le plan technique, tactique que moral ». On avait affirmé également que « toute projection positive serait insensée pour ne pas dire délirante, car on est encore très loin de prétendre rivaliser avec le haut niveau ».
A ce chapitre, tous les observateurs conviennent que la responsabilité de l’entraîneur national est bien évidente. Et tout laisse croire que Sabri Lamouchi manque encore d’expérience ou plutôt d’intelligence footballistique, à tel point qu’on peut s’interroger, réellement, sur l’authenticité et la fiabilité de ses prétentions.
La dernière rencontre face à la Suède (tout comme celle de la Belgique ) a confirmé son incapacité de préparer un schéma tactique lisible et surtout sécurisant, de lire le jeu de l’adversaire et de coacher. Il faut reconnaître, tout de même, que le contexte dans lequel il a évolué n’était pas totalement favorable : une préparation « furtive », un effectif « effrité » et des responsables indifférents. Et ce sont, essentiellement, ces facteurs qui justifient la désillusion et l’humiliation subies face à la Suède.
Un nouveau souffle humain
Tout comme l’entraîneur, la responsabilité des joueurs est entière. Elle est, même, plus profonde que celle de notre technicien. Certes, on savait pertinemment qu’on manque terriblement de talents, mais on ne s’attendait pas à un manquement indigne d’engagement, de détermination, d’amour-propre et de caractère. Or, c’est tout ce qu’on demandait. Un minimum de patriotisme et une volonté sincère d’honorer les couleurs nationales. Sans plus…
Au final, et pour son entrée en lice contre la Suède, on a eu droit, malheureusement, à l’inverse. Et plus grave encore, autant qu’il nous souvienne, on n’a jamais assisté à un niveau aussi bas et aussi médiocre. Pourtant, la Suède était un adversaire d’un calibre très moyen.
Hervé Renard, le nouveau coach de l’équipe de Tunisie, avait affirmé, dans un discours mobilisateur devant les joueurs que « le plus scandaleux et déshonorant n’est pas de subir une défaite, mais plutôt de l’accepter sans se battre ». Un message fort important que notre bureau fédéral n’a pas su émettre, à temps, aux joueurs. Un bureau qui n’a cessé, depuis longue date, de causer du tort à l’équipe nationale et, surtout, de salir notre football.
Aujourd’hui, il faut avoir le courage de reprendre à zéro et préparer une nouvelle génération de talents en mesure de rivaliser avec les grands. Comme cela était le cas pour le Maroc ou encore l’Algérie. Une telle exigence nécessite, toutefois, une gestion responsable et bien ciblée.
Et c’est, justement, cette question de gouvernance qui doit être revue rapidement à la faveur d’une restructuration profonde. Mais, pour cela, il est nécessaire d’identifier les bons profils, car il n’est plus permis que cette génération de dirigeants, notamment les Jnaïeh et Jaziri, continue, dans l’impunité, de sanctionner notre football qui a besoin d’un nouveau souffle et, donc, de nouvelles compétences capables de planifier notre sport roi sur de nouvelles bases fiables.
En plus clair, il est question de rompre totalement avec l’ancien modèle, trop limité, et de réinventer une nouvelle stratégie à la fois fiable et prospective.



