gradient blue
gradient blue
A la une Société

Acquasol-Biochar: un projet tunisien qui convertit les déchets agricoles en filtre naturel contre la pollution

Avatar photo
  • 21 juin 2026
  • 3 min de lecture
Acquasol-Biochar: un projet tunisien qui convertit les déchets agricoles en filtre naturel contre la pollution

Face à la dégradation croissante des ressources en eau, un projet baptisé « Acquasol-Biochar » , présenté récemment à l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT), propose de développer une solution durable de traitement des eaux polluées en Tunisie.

Piloté par Fathi Lachaal, docteur en hydrogéologie et géophysique et maître de conférences au Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE), ce projet présenté aussi dans le cadre de la Journée de l’eau dédiée à la stratégie nationale et à la recherche scientifique ainsi qu’au lancement des projets Coop’Eaux, repose sur la conception d’un four de pyrolyse solaire à faible coût permettant la production locale de biochar à partir de déchets agricoles et de biomasse résiduelle.

Il mise sur une approche innovante alliant économie circulaire, énergies renouvelables et valorisation des déchets agricoles. L’objectif est de réduire l’empreinte carbone du procédé tout en valorisant les déchets organiques.

Le biochar produit sera utilisé comme matériau absorbant pour la dépollution des eaux, notamment dans des systèmes de filtration, des barrières réactives ou des dispositifs de traitement des eaux.

Développé en partenariat avec l’’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’Institut français de Tunisie, l’Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles (IRESA) et l’INAT, il ambitionne de démontrer la faisabilité d’une chaîne intégrée reliant la valorisation des déchets agricoles au traitement des eaux, avec l’implication des acteurs agricoles et industriels, notamment dans les régions du Cap Bon et de Kairouan.

Les promoteurs du projet estiment que cette technologie pourrait constituer un modèle reproductible pour les zones rurales et les régions confrontées à un fort stress hydrique, en offrant une réponse locale et durable aux défis de la gestion de l’eau.

La Tunisie dispose d’un système d’assainissement relativement développé, géré par l’ONAS, avec plus de 120 stations d’épuration et un volume annuel d’eaux usées traitées avoisinant 320 millions de mètres cubes, selon l’ONAS. Cependant, cette ressource reste largement sous-exploitée, puisque moins de 10 % des eaux traitées sont réutilisées, principalement pour l’irrigation et les espaces verts. Le reste est rejeté ou perdu, malgré un contexte de stress hydrique structurel qui accentue l’importance stratégique de cette ressource non conventionnelle.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page