L’agriculture et l’agroalimentaire, locomotives du commerce extérieur
Le commerce extérieur connaît, actuellement, un sérieux redressement avec un bon excédent de près de quatre vingt-dix millions de dinars à fin mai 2026, ce qui constitue une belle éclaircie par rapport à la même période de l’année dernière durant laquelle on déplorait, plutôt, un déficit de plus de 440 millions de dinars, et ce, selon les chiffres officiels rendus publics par le ministère du Commerce et du Développement des exportations.
Il convient de souligner que cette évolution positive est portée, essentiellement, par le secteur de l’agriculture et l’agroalimentaire qui enregistre une dynamique particulière des exportations, l’huile d’olive notamment, vers les pays de l’Union européenne et le continent américain où les Etats-Unis représentent le premier partenaire de la région.
Il faut reconnaître que les résultats auraient pu être meilleurs sans le recul des exportations d’autres produits, d’habitude pionniers, à l’instar des dattes et des agrumes, qui ont baissé, durant la même période de 60%, alors que le plus grand déficit est à déplorer avec les pays du monde arabe, de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et d’Asie.
Ces chiffres, même contrastés selon les régions et les produits, démontrent, si besoin est, que l’agriculture et l’agroalimentaire sont et restent des piliers stratégiques de l’économie nationale avec un PIB de 12% et un grand réservoir pour l’emploi en occupant plus de 15% de la population active.
Or, le secteur est capable de connaître d’autres succès dans le sens où il dispose d’un potentiel énorme grâce à plus de trois mille producteurs bio certifiés, ce qui en fait une filière en plein essor, sans oublier une position géographique avantageuse et une grande diversité de sols permettant des cultures variées dont notamment les céréales, les agrumes, le maraîchage et la pêche.
Toutefois, il est bon de penser à remédier au vieillissement de la population agricole, à assurer une mécanisation accrue tout en veillant à un meilleur investissement grâce à une plus grande garantie quant à l’accès au financement pour les petites exploitations fort répandues dans les régions intérieures du pays.
En définitive, l’agriculture et l’agroalimentaire occupent une place stratégique dans l’économie tunisienne avec une combinaison bénéfique entre tradition, innovation et potentiel d’exportation, en plus d’une grande variété de produits phares et un tissu dense de dizaines de milliers d’exploitations.



