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Société

L’oignon, allié insoupçonné contre le diabète et l’hypertension

  • 22 juin 2026
  • 3 min de lecture
L’oignon, allié insoupçonné contre le diabète et l’hypertension

Des chercheurs ont découvert, en analysant les gènes du goût et de l’odorat de plus de 160 000 personnes, que les amateurs d’oignons ont une tension artérielle plus basse et un risque réduit de diabète de type 2.

L’étude, publiée le 17 juin dans la revue BMC Medicine, ouvre surtout une nouvelle voie pour prouver, et non plus seulement supposer, qu’un aliment cause une maladie.

L’équipe de l’université du Queensland, en Australie, en collaboration avec des chercheurs américains du Monell Chemical Senses Center et des Instituts nationaux de la santé (NIH), a mis au point un nouvel outil statistique pour répondre à une question qui taraude la nutrition depuis des décennies : un aliment provoque-t-il vraiment une maladie, ou n’est-il associé à elle que par coïncidence ?

Pour le savoir, les chercheurs se sont appuyés sur une astuce génétique. À la naissance, chacun hérite au hasard de variantes de gènes liées au goût et à l’odorat, qui influencent ce que l’on aime manger. Comme ce tirage génétique est aléatoire, il fonctionne un peu comme un essai clinique fait par la nature : il permet de comparer des groupes de personnes sans avoir à organiser de véritable expérience. C’est cette méthode, appelée randomisation mendélienne, que l’équipe a appliquée à grande échelle.

Les chercheurs ont passé au crible les gènes du goût et de l’odorat de plus de 160 000 adultes, recensés dans une grande base de données médicales britannique, en les croisant avec leurs préférences alimentaires. Les résultats ont ensuite été vérifiés sur un second groupe de personnes plus jeunes, afin de s’assurer que les schémas observés étaient solides.

Premier résultat obtenu grâce à cette méthode : les personnes génétiquement prédisposées à aimer le goût et l’odeur de l’oignon présentent une tension artérielle plus basse et un risque réduit de diabète de type 2.

Au-delà de ce cas précis, c’est la méthode elle-même qui intéresse les chercheurs. Selon le docteur Daniel Hwang, qui a dirigé l’étude, elle pourrait permettre de tester plus rapidement et à moindre coût des hypothèses sur les liens entre alimentation et maladies chroniques, sans recourir systématiquement à de longs essais cliniques. Un enjeu de taille : une alimentation déséquilibrée serait responsable d’environ 11 millions de décès prématurés chaque année dans le monde, principalement par maladies cardiovasculaires et cancers.

Auteur

S. M.

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