Un Tunisien sur cinq exposé au diabète : Ferjani tire la sonnette d’alarme
Le ministre de la santé Mustapha Ferjani a affirmé, lundi, que la réforme du système de santé en Tunisie ne peut pas se limiter au développement des services de soins, mais doit principalement inclure le renforcement de la santé préventive, le dépistage précoce et l’éducation à la santé.
Le ministre a souligné, au cours d’une séance de dialogue au conseil national des régions et des districts, que plusieurs études confirment qu’un dinar dépensé pour la prévention peut économiser jusqu’à dix dinars en frais de soins et de prise en charge des complications sanitaires.
Il a relevé que la prévention constitue la première ligne de défense pour la santé des citoyens, et que l’attente d’apparition de la maladie, chronique ou contagieuse, alourdit les dépenses du système de santé et augmente le coût des traitements et des complications des maladies.
Dans ce cadre, Ferjani a passé en revue, un certain nombre de programmes préventifs mis en œuvre par le ministère, notamment l’émission télévisée « Yaatik Essaha », visant à diffuser la culture de la santé et à fournir des informations médicales aux citoyens avec la participation de spécialistes dans divers domaines, tels que la nutrition, le diabète et la santé publique.
Le ministre a également mis en garde contre l’augmentation de certains facteurs de risque associés aux maladies chroniques précisant qu’environ 20 pc des Tunisiens sont exposés au risque de diabète.
Il a noté qu’une alimentation équilibrée et une activité physique régulière pourraient éviter à un grand nombre de personnes de contracter cette maladie.
Ferjani a appelé à renforcer la sensibilisation face aux dangers de l’utilisation aléatoire des médicaments et des antibiotiques, en raison de leur contribution à la résistance des bactéries à ces traitements. Ce qui constitue un défi croissant pour la santé publique au niveau national et international, a-t-il dit
Il a précisé que le ministère de la santé a intensifié, au cours de cette période, les campagnes de sensibilisation destinées aux citoyens dans plusieurs régions, sur les questions relatives à la prévention des virus, la santé physique et mentale et d’autres questions liées à la vie quotidienne.
En milieu scolaire, le ministre de la santé a affirmé que son département oeuvre à enraciner la culture des premiers secours à travers le programme « Urgence et premiers secours en milieu scolaire », qui a permis en 2025, de former environ 12 mille cadres éducatifs, avec l’objectif de porter ce nombre à 24 mille d’ici fin 2026.
Une application appelée « Mounkidh » a également été lancée en partenariat avec l’association des maladies cardiaques en vue de renforcer les interventions rapides et sauver des vies en cas d’urgence.
Concernant la lutte contre la toxicomanie, le ministre a signalé que la personne dépendante souffre d’une maladie nécessitant un traitement, un accompagnement et une réinsertion sociale, et non pas une personne à stigmatiser ou à exclure.
Il a souligné que le ministère de la santé a mis en œuvre une stratégie nationale pour prévenir la consommation de substances psychoactives et réduire ses risques, à travers une approche axée sur la prévention, le traitement et la réinsertion sociale.
Il a ajouté que les consultations de médecine de dépendance ont été renforcées dans plusieurs régions et qu’un programme de traitement par la méthadone a été lancé, outre la réouverture du centre de l’espoir à Djebel El Ouest et la promotion des services de prise en charge à l’hôpital Errazi et au Centre Mahmoud Yaacoub à Monfleury.
Le ministre de la santé a affirmé que son département a adopté une approche sanitaire et humaine basée sur des données scientifiques pour traiter le phénomène de la dépendance, soulignant que le droit au traitement est garanti à tous les citoyens.



