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Industrie automobile : Accélération de la création d’emplois et de la montée en compétences

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  • 25 juin 2026
  • 6 min de lecture
Industrie automobile : Accélération de la création d’emplois et de la montée en compétences

Le secteur automobile tunisien confirme son rôle de moteur de croissance et d’emploi. À l’occasion de la journée « Formation, insertion & partenariat automobile », organisée à Tunis, les acteurs public et privé ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, avec près de 1.700 recrutements prévus en 2026 et des perspectives de création de 60.000 emplois supplémentaires dans les prochaines années.

La Presse — Le secteur automobile s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer la visibilité des dispositifs publics d’appui à l’emploi et à la formation. Cette démarche ambitionne également de stimuler de nouveaux engagements en matière de recrutement et d’insertion professionnelle, tout en consolidant la coopération entre les acteurs public et privé. L’objectif est d’accompagner le développement du capital humain et de soutenir la compétitivité du secteur automobile en Tunisie.

Des partenariats pour répondre aux besoins du marché de l’emploi

La journée intitulée « Formation, insertion & partenariat automobile » s’est tenue ce mardi 23 juin à Tunis, dans le cadre du Programme intégré d’appui au secteur de l’éducation (Pase-OS3). Cette dernière a été organisée dans le cadre du projet Pase, cofinancé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la GIZ Tunisie en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, cette initiative vise à renforcer les synergies entre les acteurs public et privé. La rencontre a permis d’identifier les besoins des entreprises en ressources humaines et en qualifications et concrétiser des engagements de recrutement et d’insertion professionnelle, avec plus de 1.600 postes annoncés.

Dans ce contexte, Hatem Dahmen, directeur général de l’Aneti a déclaré : « Nous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre d’un séminaire qui s’inscrit dans la stratégie du ministère, qui vise à renforcer l’ouverture sur les entreprises économiques afin d’identifier des solutions concrètes pour l’insertion des jeunes, tout en répondant aux difficultés de recrutement des entreprises ».

Le ministère travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec les entreprises et les fédérations professionnelles. À cet effet, une convention-cadre a été signée avec l’Association tunisienne de l’automobile (TAA), ainsi que six conventions spécifiques avec des entreprises du secteur.

Selon lui, ces partenariats visent à favoriser le recrutement de compétences tunisiennes, à combler les besoins en main-d’œuvre qualifiée et à renforcer la compétitivité des entreprises, notamment à l’export.

L’objectif est de créer une nouvelle dynamique basée sur des partenariats durables, où l’entreprise est considérée comme un partenaire stratégique. Il ne s’agit plus de recruter pour recruter, mais de cibler des talents. Parmi ces dispositifs, la formation complémentaire constitue un produit phare. Elle offre plus de 600 heures de formation aux jeunes recrutés, leur permet de renforcer leurs compétences tout en étant directement intégrés dans l’environnement professionnel.

60.000 postes créés sur les trois prochaines années

Ces conventions visent également à formaliser les engagements en matière de recrutement et de promotion du travail décent. L’ambition est de garantir aux jeunes, issus aussi bien de la formation professionnelle publique que privée, des conditions de travail dignes et des contrats stables. Il s’agit d’instaurer une relation gagnant-gagnant : les jeunes accèdent à l’emploi, tandis que les entreprises renforcent leur compétitivité. S’agissant des chiffres, les conventions signées aujourd’hui prévoient environ 1.700 recrutements au cours de l’année 2026.

Le secteur des composants automobiles est particulièrement porteur. À moyen terme, près de 60.000 postes devraient être créés sur les trois prochaines années. « Nous comptons poursuivre nos efforts dans ce sens », a-t-il fait savoir.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un programme lancé en avril 2025, ciblant les grands recruteurs dans des secteurs stratégiques tels que les composants automobiles, les technologies de l’information et de la communication, le photovoltaïque, les énergies renouvelables et le tourisme.

L’Aneti dispose, par ailleurs, d’un réseau dense de bureaux d’emploi et de compétences, animé par des conseillers spécialisés en emploi et en relations avec les entreprises. Ces équipes sont mobilisées pour accompagner la mise en œuvre des conventions, faciliter le recrutement et assurer une meilleure mise en relation entre les entreprises et les demandeurs d’emploi.

Enfin, cette démarche s’inscrit dans la stratégie globale du ministère, engagée depuis 2025, visant à soutenir le développement des secteurs porteurs, à améliorer l’employabilité des jeunes et à renforcer la dynamique de création d’emplois en Tunisie. De son côté, Myriam Elloumi, présidente de l’Association tunisienne de l’automobile (TAA), a mentionné que ces partenariats s’inscrivent dans une dynamique de renforcement des compétences tunisiennes, notamment dans les métiers d’avenir liés à l’industrie automobile. L’objectif est d’accompagner les mutations profondes que connaît le secteur.

Un secteur en mutation vers des activités à forte valeur ajoutée

« Nous travaillons de plus en plus sur le développement de l’ingénierie et des activités à forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, certaines activités comme le câblage restent relativement basiques, mais le secteur évolue rapidement vers des technologies plus avancées, notamment avec l’essor des véhicules électriques », a assuré  Elloumi.

Il est important de souligner que la Tunisie est déjà bien intégrée dans les chaînes de valeur européennes. Aujourd’hui, pratiquement chaque véhicule produit en Europe contient au moins un composant fabriqué en Tunisie. Le développement de l’ingénierie constitue un levier stratégique. Actuellement, environ 12 % des activités d’ingénierie sont réalisées en Tunisie, et cette part est appelée à augmenter.

Le secteur couvre une large diversité d’activités : composants électriques et électroniques, mécanique, textile, plasturgie, ainsi que la fabrication de pièces détachées. À terme, l’objectif est de porter ces activités à plus forte valeur ajoutée à près de 30 %, en misant sur la technologie et l’innovation. Le potentiel est très important.

Lors du lancement du pacte de compétitivité du secteur automobile, le nombre d’emplois s’élevait à environ 80.000. Aujourd’hui, il atteint près de 120.000, ce qui témoigne d’une dynamique positive. Le secteur continue d’attirer des investissements significatifs, notamment dans le câblage, l’électronique et d’autres segments industriels. « Nous comptons également des activités comme la fabrication de coiffes de sièges et des composants électroniques », a-t-elle précisé.

Par ailleurs, la présence d’entreprises internationales, notamment allemandes et françaises, renforce l’attractivité du secteur. Enfin, au-delà du marché européen, de nouvelles opportunités se dessinent également sur le continent africain, ouvrant des perspectives de croissance supplémentaires pour l’industrie automobile tunisienne.

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Auteur

Sabrine AHMED