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Pour une solution exclusivement libyco-libyenne : Le rappel des orientations de Kaïs Saïed

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  • 26 juin 2026
  • 6 min de lecture
Pour une solution exclusivement libyco-libyenne : Le rappel des orientations de Kaïs Saïed

Sur instructions du Président de la République, Kaïs Saïed, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a pris part à la 165e session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes à Amman. En marge de cet événement, il s’est entretenu le 22 juin avec son homologue libyen par intérim, Taher Al-Baour, à qui il a réaffirmé le soutien constant de la Tunisie à la stabilité, l’unité et la souveraineté de la Libye.

La Presse — Le chef de la diplomatie tunisienne a également mis en avant l’attachement de notre pays à un processus de règlement politique libyco-libyen sous l’égide des Nations unies, répondant aux aspirations du peuple libyen frère et contribuant au renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région.

Cette position immuable de la diplomatie tunisienne, axée sur le respect de la souveraineté de ses voisins, s’inscrit dans la stricte continuité des orientations fixées par la présidence de la République. Le chef de l’État a d’ailleurs réaffirmé à l’occasion d’un récent sommet tenu à Tunis à réaffirmer,  avec force,  cette position intransigeante à l’égard de la crise libyenne.

En effet, le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, le 27 janvier dernier au Palais de Carthage, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et son homologue algérien, Ahmed Attaf, dans le cadre de la relance du mécanisme de concertation tripartite entre les pays voisins de la Libye. Les entretiens ont été largement dominés par l’évolution de la situation en Libye et les perspectives d’un règlement politique de la crise.

Le front des pays voisins face à l’impasse des médiations étrangères

À cette occasion, le Chef de l’État a réitéré la position de la Tunisie en faveur d’une solution exclusivement libyco-libyenne, rejetant toute forme d’internationalisation du dossier. Il a souligné que l’avenir de la Libye devait être déterminé par les Libyens eux-mêmes, loin des ingérences extérieures et des agendas internationaux.

Kaïs Saïed a estimé que les multiples initiatives engagées depuis plus d’une décennie n’ont pas permis de répondre aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité, de stabilité et d’unité nationale. La succession des interventions et médiations internationales a plutôt contribué à complexifier la crise qu’à favoriser l’émergence d’une solution durable.

Il faut dire que depuis plusieurs années, la multiplication des conférences internationales et des accords de transition n’a produit que des solutions superficielles qui s’apparentent au rafistolage. Loin de répondre aux aspirations fondamentales du peuple libyen, ces processus ont souvent souffert d’un décalage profond avec la réalité sur le terrain. 

En se focalisant sur des partages de pouvoir temporaires entre élites politiques, ces initiatives ont ignoré la nécessité de rebâtir des institutions nationales solides et inclusives, loin des tentatives d’ingérence et de mainmise sur les richesses de ce pays. 

Le Président de la République a, par ailleurs, toujours insisté sur l’importance du dialogue entre les différentes composantes libyennes, tout en soulignant que les consultations et les rencontres politiques ne sauraient constituer une finalité en elles-mêmes. “Tout processus de dialogue devait déboucher sur des décisions concrètes prises souverainement par les Libyens et dans l’intérêt exclusif de leur pays”.

Quand l’ONU passe le relais : la solution interlibyenne comme unique issue

Dans ce contexte, Kaïs Saïed a renouvelé la disponibilité de la Tunisie à accueillir une conférence nationale libyenne réunissant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux du pays.  Une telle initiative, a-t-il indiqué, offrirait un cadre propice à un dialogue inclusif permettant aux Libyens de définir eux-mêmes les contours de leur avenir politique et de jeter les bases d’un règlement durable fondé sur la souveraineté nationale, le consensus et la volonté populaire.

La Tunisie poursuit, sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, une démarche diplomatique fondée sur le soutien à une solution politique libyco-libyenne, le respect de la souveraineté de la Libye et le rejet de toute ingérence étrangère. Cette approche s’est traduite aussi par une participation active au Mécanisme de concertation tripartite réunissant la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte, dont les réunions d’Alger, le 6 novembre 2025, et de Tunis, le 26 janvier 2026, ont permis de coordonner les positions des trois pays en faveur de la stabilité, de la réconciliation nationale et de l’unification des institutions libyennes.

Considérant que la stabilité de la Libye est indissociable de celle de l’ensemble de la région, la Tunisie a toujours plaidé en faveur d’un dialogue inclusif entre les différentes composantes libyennes sous l’égide des Nations unies. 

D’ailleurs, le 18 juin 2026, Hanna Tetteh, cheffe de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) et représentante spéciale du secrétaire général pour ce pays, a déclaré devant le Conseil de sécurité que « la direction est connue, les outils existent. Ce qu’il faut désormais, c’est une volonté politique pour obtenir des résultats ». 

Une formule qui résume l’essence de son intervention : après plusieurs mois de consultations, l’ONU estime avoir mené le processus politique aussi loin qu’elle le pouvait. La poursuite de cette dynamique dépend désormais de l’engagement et de la volonté des acteurs libyens eux-mêmes. 

En réaffirmant son rejet des ingérences et en proposant d’accueillir une conférence inclusive, la Tunisie de Kaïs Saïed ne se contente pas de prôner la souveraineté, elle en dessine la feuille de route. Alors que l’ONU elle-même constate les limites des médiations internationales, le message de Tunis se veut un rappel pragmatique. 

La clé de la crise est entre les mains des Libyens eux-mêmes. Pour les pays voisins, la stabilité de la région ne se négociera plus au détriment de la volonté populaire, mais par et pour le peuple libyen. Pour la Tunisie en particulier, la Libye est un partenaire stratégique de longue date avec lequel elle partage un destin économique et sécuritaire indissociable.

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Auteur

Samir DRIDI