Les nouveaux piliers de la Tunisie de demain
Cette semaine, deux annonces ont marqué un tournant discret mais important pour la Tunisie. La première concerne les infrastructures numériques, la seconde le secteur énergétique. Deux projets structurants qui renforcent la place du pays sur la carte économique de la Méditerranée.
En premier lieu, il s’agit de la mise en service du câble sous-marin «Medusa», qui relie la côte de Bizerte au réseau de télécommunications installé au fond de la Méditerranée. Plus qu’un simple exploit technique, cette infrastructure de près de 8 mille kilomètres constitue une véritable bouffée d’oxygène pour notre paysage numérique.
Pourquoi est-ce une excellente nouvelle ? Parce que nos vies sont désormais rythmées par le cloud, le streaming et l’intelligence artificielle, des outils qui saturent nos réseaux. Avec ses quatre paires de fibres optiques capables de propulser 24 térabits par seconde, Medusa offre à la Tunisie l’autoroute numérique dont elle avait besoin. Dans un langage plus simple, on dira que pour les utilisateurs, cela se traduira par une connexion plus fluide, plus stable et plus rapide.
Nonobstant, l’enjeu dépasse largement le confort de navigation. En effet, à l’ère du tout-digital, la connectivité est considérée comme le moteur de l’économie. Pour les entreprises, les startups, les centres de recherche et les services publics, cette nouvelle capacité constitue un levier essentiel de développement. En s’affirmant comme un carrefour numérique entre l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, la Tunisie démontre aux investisseurs internationaux sa volonté de prendre toute sa place dans l’économie numérique de demain.
Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle. Le projet énergétique Elmed vient lui aussi de franchir un cap décisif. Après plusieurs années de préparation, le chantier est officiellement lancé. Ce pont électrique sous-marin de 220 kilomètres reliera le Cap Bon à la Sicile grâce à une interconnexion de 600 MW. Le 24 juin dernier, un contrat de 770 millions d’euros a été attribué au groupe japonais Hitachi Energy pour construire les stations de conversion en Tunisie et en Italie, tandis que le gouvernement a placé le projet sous un suivi prioritaire afin d’accélérer sa réalisation.
En parallèle, la Tunisie modernise son réseau électrique avec le projet Elmed II. Une ligne de 85 kilomètres reliera Grombalia (Nabeul) à Kondar (Sousse) afin d’acheminer l’électricité, notamment celle issue des énergies renouvelables du sud du pays, vers cette future interconnexion avec l’Europe. L’ensemble devrait entrer en service entre la fin de 2028 et le début de 2029
Au-delà des chiffres, Medusa et Elmed racontent une même histoire. Celle d’une Tunisie qui investit dans ses infrastructures stratégiques pour mieux s’intégrer aux grands réseaux internationaux. L’un ouvre une autoroute de données, l’autre une autoroute d’électricité.
Tous deux renforcent la position du pays comme plateforme d’échanges entre l’Europe et l’Afrique, tout en créant les conditions d’une économie plus compétitive, plus innovante et davantage tournée vers l’avenir.



