Le lycée de La Manouba a vécu un moment historique à l’occasion de la publication des résultats de la session principale du baccalauréat. Sept élèves appartenant à trois fratries différentes – des triplés (deux filles et un garçon) et deux paires de jumeaux (un mixte et une paire de frères) – ont décroché leur diplôme simultanément, un événement rare qui restera gravé dans les annales de l’établissement.
Les familles Fersi, Aouadi et Bakhti ont partagé une même joie, mardi dernier, en recevant successivement les SMS annonçant la réussite de leurs enfants. Si les cris de joie (youyous) ont résonné dans les foyers et les quartiers, les parcours et les ambitions de ces lauréats témoignent d’une diversité de rêves et de sacrifices, tous couronnés de succès.
Dans la famille Fersi, Yasmine (13,75/20) et Tasnim (15,75/20), toutes deux en section Sciences, et leur frère Ahmed (10,23/20), en section Technique, âgés de 19 ans, ont vécu une délivrance. Si Ahmed, soulagé, se réjouit de son admission, ses sœurs ambitionnaient des moyennes plus élevées pour suivre les traces de leur aînée en médecine. Leur père, Mohamed Fersi, a confié à la TAP que « les deux filles n’étaient pas descendues en dessous de 16 tout au long de l’année ». L’année terminale, marquée par un soutien familial sans faille (cours particuliers, conditions de révision optimales), a porté ses fruits, malgré la séparation des filières qui a éloigné Ahmed de ses sœurs pour la première fois.
Emna (12,25/20) et Amanollah (15,11/20) Aouadi, 19 ans, n’ont jamais connu la séparation. Inséparables depuis la maternelle, ils ont partagé tables, examens et anxiété. Dans la même section Sciences, les résultats sont tombés à quelques minutes d’intervalle. Emna a déclaré à la TAP que « la différence de moyenne n’a en rien altéré la joie ». Leurs rêves convergent vers des études dans le secteur de la santé, un nouveau défi qu’ils entendent relever côte à côte.
Pour Youssef (16,83/20) et Yassine (15,76/20) Bakhti, 18 ans, l’excellence est une habitude. Élèves dans la même classe, sur la même table, ils ont obtenu les meilleures moyennes de leur cursus. Leur mère, Hanen Oueslati, a raconté à la TAP l’arrivée simultanée des SMS sur son téléphone, au milieu d’un rassemblement festif dans leur résidence, où les fumigènes et les acclamations ont embrasé le quartier. Les deux frères envisagent désormais des carrières d’ingénieur et en informatique de gestion, des choix qui pourraient les séparer pour la première fois.
La directrice du lycée, Basma Amri, a salué « un moment de fierté inédit » pour l’établissement, classé quatrième au niveau régional avec un taux de réussite de 45,79 % dans le public. Elle a attribué cette réussite exceptionnelle à « l’émulation naturelle qu’engendre la gémellité » et au travail remarquable du corps éducatif, soulignant que « cette double joie a été partagée équitablement entre les élèves, les enseignants et les familles ».



