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Saison estivale : Petites mains, petits métiers, grands ennuis

  • 29 juin 2026
  • 5 min de lecture
Saison estivale : Petites mains, petits métiers, grands ennuis

L’été a toujours été porteur d’une animation particulière. Et surtout que les journées sont torrides et les nuits étouffantes. Mais il n’y a pas que cela. Encore une fois, ce sont les… hors-la-loi qui préparent le mieux cette saison au cours de laquelle il  y a de l’argent, beaucoup d’argent à gagner.

La Presse — Les points névralgiques sont repérés, la répartition s’effectue, les rôles sont alloués aux meneurs qui observent agir leurs hommes de main.

Pendant que les municipalités organisent des concours pour recruter à temps partiel des maîtres nageurs, ceux qui ont déjà établi leur plan d’action sont prêts. Les petits attelages confectionnés ou repeints, les brouettes sont remises en état, les livreurs de fricassés ou de briks sont mobilisés.

Dans quelles conditions ? Il faudrait demander à ceux qui ont le courage de manger quelque chose qui a été exposé à un soleil de plomb.

Accès gratuit

Le ministère de l’Intérieur a dernièrement annoncé sa décision de supprimer les frais de stationnement sur les plages, rendant ainsi leur accès gratuit pour les citoyens et les vacanciers.

Cette mesure vise à faciliter l’accès aux plages publiques, réduire les abus liés aux tarifs arbitraires et garantir le droit de chacun à utiliser les équipements publics sans frais supplémentaires.

Cette décision a été largement saluée par les citoyens qui ont considéré cette mesure comme positive, d’autant plus qu’elle coïncide avec le début de la saison estivale et la fréquentation accrue des plages dans tout le pays.

Envahissants et agressifs

Oui, parce que dans cette affaire de «gardiens» de voitures, il y a des abus. Les «gardiens» qui se multiplient et occupent le littoral, sont devenus envahissants. Ils fixent le prix du stationnement, interdisent l’accès à ceux qui refusent de payer et sont même menaçants.

Mais il y a quand même ceux qui sont discrets et qui, à la limite, devraient être félicités. De jeunes filles et garçons qui s’adonnent à ces petits métiers qui reviennent à l’ordre du jour à chaque saison estivale. C’est comme le cas des vendeurs ambulants qui s’empressent d’offrir à la vente de petits sandwichs à base de pain blanc farcis avec on ne sait quoi.

En plein soleil ou installés sous un palmier, ils essaient de gagner de l’argent avec ces menus services. «C’est pour la rentrée scolaire. Nous essayons mon frère et moi d’alléger la charge de nos parents. Ma mère est couturière. Elle ne gagne pas beaucoup d’argent. Mon père est chaouch dans une administration. Et nous sommes trois enfants. Les fournitures scolaires sont devenues assez coûteuses et nous avons des difficultés à répondre aux exigences de nos instituteurs».

Louable, mais par quarante degrés et plus, sans moyen de préserver ces victuailles que l’on propose, c’est un danger pour le consommateur. Un peu plus loin, d’autres jeunes, une fille et un garçon, vendent des «bambalounis». Là aussi, la chaîne du froid n’est pas respectée et la menace guette, surtout si le vent se lève et la poussière vole bas. Certes, on était en fin de journée, mais la chaleur tenait bon.

Une véritable aventure

Dans une brouette pleine  d’eau qui a connu des jours meilleurs, des bouteilles de boissons gazeuses au-dessus desquelles flottaient quelques morceaux de glace. Il y en avait trois du genre qui s’engageaient sur le sable et sous un soleil insupportable faisaient la navette d’un bout à l’autre de la plage. Cela marchait, compte tenu de l’épuisement du ravitaillement ramené par ces familles qui font de leur journée de plage une véritable aventure.

Une odeur de friture attirait ceux qui étaient tenaillés par la faim. Un petit trois-roues aménagé offrait des bricks à l’œuf, ou à la pomme de terre. Il y avait de l’affluence.

Encourager et organiser

Ces jeunes qui sacrifient leur repos ce sont souvent des étudiants, faudrait-il les chasser ou les encourager ? Le bon sens serait d’empêcher tout ce qui est de nature à nuire au consommateur, surtout que les enfants à la plage, ont toujours faim et soif. Un certain nombre de plages possédaient des installations assez bien aménagées qu’elles louaient.

Pour on ne sait quelle raison, elles ont été fermées. N’empêche, qu’on pourrait encourager, tel que c’est le cas sur bien des plages à l’étranger, l’installation d’une infrastructure légère de proximité où on permettra le stationnement sous forme de location, de roulottes aménagées et qui offriraient des produits bien conservés et sains.

Cela contribuerait sans doute à un meilleur respect de ces plages qui, en fin  de journée, sont abandonnées dans un état lamentable. En effet, tous les restes de ce qu’on ramène de la maison sont laissés sur place, alors que les poubelles sont bien en vue.

En mettant à disposition tout ce dont on a besoin pour se nourrir, cela pourrait encourager ces estivants d’un jour, de tout acheter sur place, pour éviter la corvée de tout transporter à dos d’hommes.

Auteur

Kamel GHATTAS

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