gradient blue
gradient blue
Société

Neurosciences : une étude révèle l’origine des trous de mémoire temporaires

Avatar photo
  • 30 juin 2026
  • 3 min de lecture
Neurosciences : une étude révèle l’origine des trous de mémoire temporaires

Une étude scientifique japonaise a mis en évidence un mécanisme cérébral qui explique l’incapacité ponctuelle à restituer une information. Parfois, l’être humain ne parvient pas à se rappeler un élément qu’il connaît pourtant pertinemment. Ce phénomène ne découlerait pas d’un effacement de la mémoire, mais plutôt d’une baisse temporaire de la capacité d’accès à l’information, directement liée à l’état fonctionnel du cerveau.

Le professeur Hiroshi Nomura, de l’université de Nagoya au Japon, explique : « La capacité à restituer des informations peut dépendre de l’état fonctionnel du cerveau ». Il ajoute que « le fait de pouvoir se souvenir ultérieurement d’une information, que ce soit spontanément ou à l’aide d’un stimulus précis, signifie que le souvenir en lui-même est toujours conservé ».

Pour comprendre ce phénomène, l’équipe de recherche, en collaboration avec des scientifiques des universités de Hokkaido et de Kumamoto, a étudié l’impact de l’activité des neurones producteurs d’histamine sur l’accès aux souvenirs stockés. Les chercheurs ont mené une expérience sur des souris de laboratoire, entraînées à associer un signal sonore à l’obtention d’eau sucrée. Dès l’émission du son, les souris commençaient à lécher l’embout du biberon en prévision de leur récompense.

Les résultats ont révélé que l’activité des neurones à histamine pendant la phase d’éveil n’est pas constante, mais fluctue lentement. Lorsque le signal sonore était émis pendant les pics d’activité de ces cellules, les comportements liés à la restitution de la mémoire augmentaient d’environ 40 % par rapport aux périodes d’activité faible.

Le professeur Nomura a souligné que le phénomène bien connu d’avoir un « mot sur le bout de la langue » pourrait s’accorder avec cette hypothèse. Il a toutefois tempéré ces conclusions en précisant que l’étude n’a pas analysé directement la mémorisation des noms chez l’Homme, et qu’il est donc impossible d’affirmer avec certitude que l’oubli humain résulte systématiquement d’un problème d’accès plutôt que d’une perte d’information.

Bien que ces résultats offrent une explication générale à ce phénomène, les chercheurs ignorent encore si ce même mécanisme neurologique est à l’œuvre chez l’être humain. De futures études restent nécessaires pour comprendre comment la capacité à raviver les souvenirs évolue au fil du temps, et si ces variations sont strictement liées au système histaminergique ou à d’autres configurations de l’activité cérébrale.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page