Société

Canicules : vers des alertes en arabe dialectal sur les radios locales en Tunisie

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  • 1 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Canicules : vers des alertes en arabe dialectal sur les radios locales en Tunisie

Face à un système de communication institutionnelle jugé « structurellement défaillant », le Think tank tunisien « Resilient Futures » appelle à une refonte profonde des méthodes d’alerte en Tunisie pour protéger les populations contre les chaleurs extrêmes. Dans sa note analytique publiée en juin 2026, le groupe d’experts préconise entre autres « l’activation systématique des radios locales en arabe dialectal » pour atteindre les citoyens les plus vulnérables ».

Cette recommandation s’inscrit dans un contexte d’urgence : les cinq années les plus chaudes enregistrées en Tunisie depuis 1950 sont toutes postérieures à 2021. Pourtant, l’étude révèle qu’un Tunisien sur trois seulement déclare avoir reçu une communication officielle sur les risques climatiques.

L’analyse dénonce une « monoculture numérique » centrée sur Facebook qui exclut de fait les personnes âgées isolées et les populations rurales. Pour les experts, le passage à l’arabe dialectal sur les ondes FM dès le niveau de « vigilance jaune » est le média de proximité le plus efficace pour offrir une communication non axée sur le numérique et à la portée des populations vulnérables ( travailleurs à l’extérieur, ouvrières agricoles, personnes agées)..

Le rapport, qui a passé au crible sept années de prises de parole (2019-2025), pointe une absence totale de campagnes préventives printanières : la communication ne démarre que lorsque l’épisode de chaleur est déjà là. « Les communications publiques privilégient massivement les gestes individuels d’urgence (boire,ventiler, doucher) sur les actions structurelles à bénéfice durable (installer des volets, planter un arbre, isoler une toiture, créer une zone ombragée). Les secondes ont un impact sanitaire supérieur et bénéficient à plusieurs personnes simultanément, mais sont moins ‘’médiatisables’’ », lit-on dans le rapport.

Pour inverser cette tendance, « Resilient Futures » propose plusieurs leviers, dont la nomination de chaque épisode de chaleur, sur le modèle proMETEO de Séville, pour renforcer la mémorisation du risque par le public, la création d’une cellule interministérielle permanente (INM, Santé, STEG, Environnement) pour coordonner une réponse aujourd’hui fragmentée et la protection des travailleurs extérieurs, via un cadre juridique inspiré du modèle espagnol de 2023. Le rapport rappelle, par ailleurs, que mieux communiquer est désormais une « condition de survie », face aux risques climatiques.

« Resilient Futures », se propose de « produire des savoirs rigoureux et opérationnels en profondeur pour éclairer les politiques publiques, catalyser une action collective et porter une transformation en profondeur des modèles de développement ».

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Auteur

La Presse

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