Réforme éducative : ce que prévoit le plan de développement 2026-2030
Lors de la présentation aujourd’hui des politiques de développement incluses dans le projet de plan de développement 2026-2030, au cours d’une séance d’audition devant l’ensemble des commissions parlementaires, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a affirmé que le système éducatif fera face, au cours de la prochaine période, à une série de défis liés au contexte de mutations démographiques, économiques, sociales et numériques accélérées. En effet, 70 % de la population est concentrée dans les villes, à quoi s’ajoute l’augmentation continue du nombre d’élèves dans les cycles préparatoire (collège) et secondaire durant la période du plan. Ce nombre devrait atteindre 1,189 million d’élèves d’ici 2030, ce qui exercera une pression sur les établissements scolaires pour améliorer les infrastructures, fournir les espaces, les équipements et le personnel éducatif afin de rehausser leurs performances et de garantir la qualité.
Selon Abdelhafidh, les mutations économiques et numériques imposent également la nécessité d’intégrer les technologies et les connaissances modernes dans le domaine de l’éducation afin de s’adapter aux besoins d’un marché du travail en constante évolution. Il a souligné qu’il est désormais indispensable de développer la politique éducative en élaborant une nouvelle vision pour l’avenir de l’éducation, basée sur un processus de réforme global et intégré, dont le but est de concrétiser les objectifs nationaux et d’opérer un saut qualitatif dans l’éducation tant au niveau du contenu, des mécanismes que des objectifs.
Amélioration de la qualité de l’éducation… Révision du temps scolaire
Les objectifs stratégiques pour la période 2026-2030 prévoient l’élévation de la qualité de l’éducation et le développement des compétences et des connaissances. Cela passera par l’amélioration des apprentissages, l’optimisation du rendement éducatif et le renforcement de l’éducation préscolaire via l’élaboration d’une mallette pédagogique pour le programme de l’année préparatoire, l’extension des services et l’amélioration de la qualité de la formation, de sorte que le taux de nouveaux inscrits en première année primaire ayant bénéficié de l’année préparatoire atteigne 100 % d’ici 2030. De plus, il est prévu de moderniser les programmes officiels afin d’y intégrer les compétences de vie, l’éducation aux valeurs, à la santé, à la citoyenneté, aux droits et à l’environnement, renforçant ainsi la formation des jeunes aux compétences de base de la vie. Le plan prévoit également la révision du temps scolaire et du temps d’apprentissage pour garantir l’efficacité et le bien-être psychologique de l’apprenant, le renforcement de la formation des enseignants et des professionnels de l’éducation, ainsi que la restructuration de l’enseignement et des parcours d’orientation à travers la révision de l’architecture du système éducatif. Cela permettra de développer l’enseignement technique et professionnel et de créer des parcours et des passerelles flexibles qui répondent aux besoins de l’économie nationale et du marché du travail, tout en garantissant l’excellence et la réussite. Ainsi, il est attendu que le taux d’orientation vers les filières scientifiques atteigne 65 % et 10 % vers l’enseignement technique en 2030.
Selon le ministre, le plan de développement comprend également la modernisation du système d’évaluation et la mise en place d’un dispositif d’évaluation des acquis des apprenants en allégeant l’évaluation sanctionnelle (sommative) au profit de nouvelles approches (formatrice, approche par projet…) et en instaurant une étape d’évaluation nationale à la fin de chaque cycle. Il a indiqué que la réalisation de ces réformes permettra d’améliorer les acquis des élèves : il est ainsi attendu que 85,7 % des élèves obtiennent une note supérieure ou égale à 10 en lecture dans les premier, deuxième et troisième cycles du primaire, et 68 % en mathématiques. De plus, le taux de réussite à l’examen de fin d’études de l’enseignement de base devrait atteindre 70 % et celui du baccalauréat 60 % d’ici 2030.
Transformation numérique éducative globale
Selon M. Abdelhafidh, le plan prévoit de garantir une transformation numérique éducative globale en développant une infrastructure numérique adaptée à tous les établissements scolaires et en développant la production de contenus et de ressources numériques pour toutes les catégories. Cela s’orientera vers la production de contenus interactifs, adaptatifs et multimédias, ainsi que de manuels scolaires numériques, en plus du soutien à l’innovation dans la production numérique et la création d’unités d’apprentissage spécifiques pour les personnes à besoins spécifiques. Grâce à cela, le taux de couverture par les réseaux informatiques internes dans les établissements scolaires atteindra 100 % et le taux de couverture des écoles primaires par les mallettes numériques atteindra 100 % en 2030. Le plan vise aussi à lutter contre le décrochage scolaire en généralisant l’école de la deuxième chance dans les régions à fort taux d’abandon, et en mettant en place un système de détection précoce des élèves menacés d’échec scolaire. Il est ainsi attendu de réduire les taux de décrochage dans le primaire, le préparatoire et le secondaire pour atteindre des taux respectifs de 0,3 % et 5,8 % pour le préparatoire et le secondaire en 2030.



