L’aventure de l’Algérie à la Coupe du monde 2026 s’est arrêtée prématurément. Battus 2-0 par la Suisse, les Fennecs quittent la compétition dès les seizièmes de finale, au terme d’une prestation qui a suscité une vive incompréhension chez les supporters et les observateurs. Au-delà du résultat, c’est surtout la gestion tactique de Vladimir Petković qui concentre les critiques, au point de remettre en question son avenir à la tête de la sélection.
Face à une équipe suisse disciplinée et parfaitement organisée, le sélectionneur algérien a surpris en alignant une formation sans véritable avant-centre. Ce choix, loin de déstabiliser l’adversaire, a considérablement réduit le potentiel offensif des Verts, incapables de concrétiser leur domination dans la possession du ballon.
Dès le coup d’envoi, l’Algérie a monopolisé le ballon sans parvenir à créer de véritables occasions. Les Fennecs ont évolué dans un système proche d’un 4-6-0, avec un milieu de terrain très dense composé notamment de Nabil Bentaleb, Ramiz Zerrouki, Farès Chaïbi, Ibrahim Maza, Houssem Aouar et Riyad Mahrez, mais sans point de fixation en attaque.
Cette configuration a facilité le travail de la défense suisse, rarement mise en difficulté. Les centres n’ont trouvé aucun destinataire et les attaques placées se sont révélées stériles. Malgré une possession largement favorable, l’Algérie a terminé la première période menée au score, illustrant son manque d’efficacité dans les trente derniers mètres.
Les critiques ne portent pas uniquement sur le dispositif offensif. Défensivement, les Fennecs ont également affiché de nombreuses lacunes. Le pressing, souvent désorganisé, a laissé de vastes espaces entre les lignes, permettant aux Suisses de développer rapidement leurs contre-attaques.
La charnière centrale composée d’Aïssa Mandi et de Ramy Bensebaïni a été particulièrement en difficulté face aux offensives adverses. Plusieurs erreurs de placement et un manque de coordination ont fragilisé l’arrière-garde algérienne, tandis que les transitions défensives se sont révélées insuffisamment maîtrisées.
Autre sujet de contestation : la gestion du banc. Alors que l’Algérie peinait à inverser la tendance, Vladimir Petković a attendu la seconde période pour effectuer des changements qui n’ont pas modifié le visage de son équipe. Les remplacements, jugés tardifs et peu inspirés, n’ont apporté ni vitesse ni profondeur au jeu algérien.
Au-delà des aspects tactiques, plusieurs observateurs ont également relevé le manque de caractère affiché par les Fennecs après le second but suisse. Habituée à faire preuve d’une forte combativité dans les grandes compétitions, la sélection algérienne est apparue sans véritable réaction, laissant l’impression d’une équipe résignée.
Cette élimination intervient alors que Vladimir Petković dirige la sélection depuis février 2024. Durant son mandat, le technicien a régulièrement procédé à des changements de système et de composition, sans parvenir à installer une identité de jeu clairement identifiable. Face à la Suisse, ces hésitations tactiques ont atteint leur paroxysme, alimentant les interrogations sur les orientations choisies.
La défaite a immédiatement provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux, où de nombreux supporters ont appelé au départ du sélectionneur. Le mot-dièse réclamant sa démission s’est rapidement imposé parmi les principales tendances, illustrant la profonde déception d’un public qui espérait voir les Fennecs franchir un nouveau palier sur la scène mondiale.
Au lendemain de cette élimination, une question s’impose désormais : la Fédération algérienne de football maintiendra-t-elle sa confiance en Vladimir Petković ou ouvrira-t-elle un nouveau chapitre afin de relancer une sélection qui ambitionne de retrouver les sommets du football africain et mondial ?



