La lutte contre les maladies cardiovasculaires en Tunisie doit désormais reposer sur une approche globale intégrant prévention, innovation numérique, équité territoriale, formation médicale et éthique. C’est le message porté par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, lors de l’ouverture des 23ᵉ Journées Afro-Européennes de Cardiologie Pratique (JAECP), organisées à Sousse en association avec le 5ᵉ Congrès Africain de l’Insuffisance Cardiaque et le Africa CTO & Complex PCI Course.
À cette occasion, le ministre a souligné que la bataille contre les maladies cardiovasculaires ne se gagne pas uniquement dans les salles de cathétérisme, mais qu’elle repose sur cinq priorités stratégiques destinées à améliorer durablement la prise en charge des patients en Tunisie.
Plus de 4 000 patients pris en charge grâce à “Najda.tn”
Mustapha Ferjani a mis en avant les résultats obtenus par les plateformes numériques développées par le ministère de la Santé, en particulier Najda.tn, dédiée à la prise en charge des infarctus du myocarde.
Selon lui, cette plateforme a permis de prendre en charge plus de 4 000 patients en moins d’un an, tout en réduisant significativement les délais d’intervention médicale, améliorant ainsi les chances de survie et la qualité des soins.
Fort de cette expérience, le ministère prévoit de généraliser le dispositif aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) à travers le lancement prochain de la plateforme “Najda AVC”.
Le ministre a en outre annoncé la préparation d’un projet de loi visant à installer des défibrillateurs automatisés externes (DAE) dans les lieux publics, afin de renforcer la “chaîne de survie” et d’améliorer les chances de prise en charge rapide des victimes d’arrêt cardiaque, quel que soit leur lieu de résidence.
Une stratégie fondée sur cinq priorités
Sur un autre plan, le ministre a détaillé les cinq axes qui doivent, selon lui, structurer la politique nationale de lutte contre les maladies cardiovasculaires.
La première priorité concerne la prévention, à travers la lutte contre les principaux facteurs de risque, notamment le tabagisme, le diabète et l’obésité. La deuxième vise à garantir une équité territoriale en assurant un accès aux soins spécialisés dans l’ensemble des régions du pays. Le troisième axe porte sur le renforcement de la souveraineté numérique, les nouvelles technologies étant appelées à devenir un levier majeur d’efficacité et d’égalité d’accès aux soins. Le quatrième concerne la formation continue des professionnels de santé afin de préparer une nouvelle génération de cardiologues conciliant excellence scientifique et approche humaine. Finalement et non moins important, le cinquième pilier repose sur le renforcement des principes éthiques, afin de garantir l’égalité des citoyens face aux soins et aux traitements.
Sur un autre plan, Mustapha Ferjani a souligné que la Tunisie poursuit ses efforts pour consolider son positionnement comme plateforme de dialogue scientifique et de coopération médicale en Afrique.
S’adressant aux jeunes médecins présents au congrès, il les a invités à conjuguer respect des standards scientifiques internationaux, adaptation aux réalités du terrain et prise en compte des besoins des patients, estimant que cette approche constitue un levier essentiel pour renforcer l’excellence de la cardiologie tunisienne et son rayonnement régional.
R.I



