Le secteur de l’élevage en Tunisie connaît un recul structurel continu, marqué par une diminution du cheptel national et une baisse de la production de viande rouge et de lait, ont indiqué des responsables des ministères de l’Agriculture et du Commerce lors d’une audition devant la Commission des secteurs productifs du Conseil national des régions et des districts.
Selon le ministère de l’Agriculture, cette situation résulte notamment des effets persistants de la sécheresse, de la raréfaction des ressources en eau et des fourrages, de la hausse des coûts des intrants ainsi que des difficultés de financement rencontrées par les éleveurs.
Ces facteurs ont entraîné une réduction du nombre de têtes de bétail, une baisse du nombre d’éleveurs et une dépendance persistante aux importations d’aliments pour animaux.
Face à ces défis, les autorités ont présenté une stratégie à l’horizon 2030 visant à reconstituer le cheptel national, à améliorer sa productivité, à renforcer la couverture des besoins en fourrages, à consolider les services de santé animale et à mettre en place un système numérique de suivi du cheptel.
Le plan stratégique 2026-2030 repose sur quatre axes principaux : la reconstitution des troupeaux bovins et des petits ruminants, la numérisation du système de suivi, le développement des ressources fourragères et un financement partagé entre le budget de l’État, le Fonds de développement de la compétitivité du secteur agricole et des ressources extérieures.
Le ministère du Commerce a, pour sa part, attribué la pénurie structurelle de viande rouge au recul du cheptel, alimenté notamment par la contrebande, l’abattage illégal des femelles reproductrices et le désengagement d’une partie des éleveurs en raison de la hausse des coûts de production.
Les autorités poursuivent parallèlement les importations de viandes bovines et ovines pour assurer l’approvisionnement du marché et travaillent à l’encadrement des prix par la fixation de plafonds et la commercialisation de viande à prix préférentiels.



