La Tunisie s’apprête à accélérer la transition vers la mobilité électrique dans le transport professionnel, notamment les taxis, secteur fortement consommateur d’énergie, selon Nafâa Baccari, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), dans une interview accordée à La Presse de Tunisie.
Dans ce cadre, il a annoncé qu’un projet pilote de taxis électriques sera lancé dans trois régions : Bizerte, Sfax et Djerba. Cette expérimentation vise à tester la viabilité économique et opérationnelle de ce modèle de mobilité dans des contextes territoriaux différents.
Selon les données avancées, un taxi parcourt en moyenne environ 400 kilomètres par jour. Avec un véhicule électrique, le coût d’exploitation serait réduit à environ 15 dinars par jour, contre plus de 45 dinars pour un véhicule thermique, soit une réduction significative des dépenses de fonctionnement pour les professionnels.
Des incitations financières pour accompagner la transition
Pour soutenir cette évolution, plusieurs mécanismes d’incitation ont été introduits dans la loi de finances. Celle-ci prévoit une bonification de 3 points sur les taux d’intérêt des crédits destinés à l’acquisition de véhicules électriques pour les chauffeurs de taxi, ainsi que pour les auto-écoles, via la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS). Cette bonification est prise en charge par le Fonds de transition énergétique.
“Ces mesures visent à réduire le coût d’accès au financement et à encourager le renouvellement progressif des flottes professionnelles vers l’électrique”, a-t-il précisé.
Selon le responsable, des initiatives privées existent déjà dans le domaine des taxis électriques, mais elles restent limitées et isolées. L’objectif est désormais de structurer cette transition à travers des programmes encadrés à plus grande échelle.
“Le dispositif concerne également les auto-écoles, qui bénéficieront des mêmes avantages fiscaux et financiers, en raison de leur forte intensité d’utilisation des véhicules”, a-t-il ajouté.
Finalement et non moins important, il a souligné que cette orientation s’inscrit dans une logique plus large de réduction de la consommation énergétique et d’amélioration de la balance énergétique et commerciale du pays.



