Blanchiment, immobilier, banques : que risque Maher Chaaben dans l’une des plus grandes affaires de corruption en Tunisie ?
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter au 24 septembre 2026 le procès de l’homme d’affaires Maher Chaabane et d’une dizaine d’autres prévenus, tout en rejetant les demandes de remise en liberté formulées par la défense.
Cette affaire, considérée comme l’une des plus importantes en matière de criminalité financière et immobilière en Tunisie, porte sur des accusations graves, notamment le blanchiment d’argent, l’exploitation de biens immobiliers confisqués et l’obtention de facilités bancaires en violation de la réglementation en vigueur. Le dossier relève du pôle judiciaire économique et financier, chargé de l’enquête depuis plusieurs années.
Selon les éléments de l’instruction, l’affaire ne concerne pas un acte isolé mais un ensemble de faits complexes étalés sur plusieurs années, impliquant des opérations immobilières, des transactions financières et la gestion de biens confisqués après 2011.
Le dossier met en cause plus d’une dizaine de personnes, parmi lesquelles des hommes d’affaires, des gestionnaires et d’autres parties suspectées d’avoir participé, à des degrés divers, aux opérations faisant l’objet de poursuites judiciaires.
Les principales accusations portent sur le blanchiment d’argent issu de transactions financières et immobilières, l’exploitation illégale de biens confisqués, des opérations immobilières supposément préjudiciables aux finances publiques, ainsi que l’obtention de crédits bancaires sans respect des procédures légales.
L’enquête se concentre également sur plusieurs transactions immobilières réalisées à Hammamet, où des soupçons portent sur les modalités de cession et d’exploitation de certains biens, ainsi que sur des évaluations financières jugées contestables. Les autorités judiciaires cherchent à déterminer si ces opérations ont respecté les règles de transparence et de concurrence ou si elles ont permis des avantages indus.
Par ailleurs, le dossier comprend un volet bancaire portant sur l’octroi de crédits et de facilités financières supposément accordés en dehors des normes réglementaires. Les investigations visent à établir si ces opérations reposaient sur des garanties réelles ou si elles résultaient d’interventions ou d’influences illégitimes.
Le blanchiment d’argent constitue l’accusation la plus lourde du dossier, impliquant des investigations approfondies sur les flux financiers entre comptes bancaires, sociétés et biens immobiliers afin d’identifier l’origine des fonds.
Enfin, le dossier rappelle que Maher Chaabane a déjà fait l’objet de condamnations dans d’autres affaires, notamment pour des infractions liées à la construction et à la réglementation des changes. Ces décisions restent toutefois indépendantes de la procédure actuelle.
S.R



