Editorial

Briser le joug de la bureaucratie, le pari pour l’investissement

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  • 6 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Briser le joug de la bureaucratie, le pari pour l’investissement

Vingt-quatre heures. C’est le nouveau délai maximum que la Tunisie s’apprête à s’imposer pour la constitution juridique d’une entreprise, si l’on en croit le projet de plan de développement 2026-2030. Un chiffre qui, à lui seul, résume cette ambition de renverser le sablier, d’en finir avec la lenteur administrative qui décourage tant de porteurs de projets.

Aligner le pays sur les standards internationaux, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Derrière les mesures techniques, ce plan trace une conviction simple. L’État tunisien ne peut plus se contenter d’observer l’investissement, il doit l’orchestrer activement. Il s’agit de créer un climat propice à l’innovation, d’encourager l’initiative, qu’elle soit individuelle ou collective, et surtout d’orienter les capitaux là où ils manquent le plus, c’est-à-dire vers les activités à forte valeur ajoutée et vers les régions de l’intérieur, trop longtemps laissées pour compte.

L’objectif n’est pas seulement d’attirer des capitaux, mais de veiller à ce qu’ils atterrissent là où ils peuvent réellement transformer le quotidien des populations. Au-delà de la productivité nationale et d’une meilleure intégration aux chaînes de valeur mondiales, c’est bien la dimension sociale de cette orientation qui prime, dans la droite ligne de la politique présidentielle. Il s’agit de créer des emplois, réduire les disparités régionales et redonner aux zones longtemps marginalisées leur juste part de développement.

Ce plan vise à réviser le cadre juridique et à mieux cibler les incitations financières selon les priorités nationales. L’objectif est double : attirer les capitaux vers les régions les moins développées et soutenir les secteurs porteurs à forte valeur ajoutée. À terme, ces mesures ambitionnent de renforcer la sécurité alimentaire et énergétique tout en accélérant la transition numérique du pays.

Pour y parvenir, le plan prévoit une révision en profondeur du Code des investissements. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement. Les structures d’accompagnement des investisseurs, souvent critiquées pour leur lenteur, seraient repensées, tout comme le système d’incitations, désormais recentré sur des priorités jugées stratégiques, à savoir la sécurité alimentaire, l’autonomie énergétique et la transformation numérique de l’économie.

Reste la question, toujours sensible, de la bureaucratie au quotidien. Le plan y répond par le numérique, avec la promesse d’un guichet unique en ligne pour l’investisseur, connecté à l’ensemble des administrations publiques, ce qui est susceptible de dématérialiser l’obtention des licences et autorisations. Même logique du côté du foncier, véritable parcours du combattant pour beaucoup de projets. À ce titre, un portail numérique centralisé doit rassembler toutes les données sur les terrains disponibles à l’investissement, et connecter enfin les services fonciers aux circuits de l’aménagement urbain.

Au bout du compte, c’est bien cette équation que le plan tente de résoudre. Un climat des affaires plus compétitif, une administration débarrassée du fardeau de la bureaucratie, des projets qui se concrétisent plus vite, et des investisseurs, tunisiens comme étrangers, enfin convaincus de tenter leur chance. Autant de leviers qui doivent nourrir une croissance plus forte, créer de la richesse et gagner en termes d’employabilité.

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Auteur

Samir DRIDI

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