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Tabarka Jazz Festival – Liz McComb Quintet au Tabarka Jazz Festival : Entre rythme et émotions 

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  • 6 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Tabarka Jazz Festival – Liz McComb Quintet au Tabarka Jazz Festival : Entre rythme et émotions 

Pour la soirée du 4 juillet, le public du Tabarka Jazz festival a eu rendez-vous avec deux spectacles d’exception. Du gospel, du jazz et du blues.

La Presse — La scène de la rue a accueilli Innēr Sense, un projet musical électronique serbe porté par Filip Fisher et Nino Čelebić. Un large public s’est rassemblé, attiré par la musique rythmée et la beauté du site des Aiguilles. La scène est en fait installée au bord de la mer, dans un endroit très prisé, et l’ambiance animée était inratable. D’ailleurs, les artistes serbes nous ont confié après le spectacle qu’ils étaient impressionnés par l’enthousiasme de la foule présente, notamment les enfants qui ont interagi avec les notes avec une énergie et une spontanéité remarquables.

Après le programme du street jazz qui a démarré à 19h30, le Théâtre de la mer a vibré aux sons du gospel, du jazz et du blues avec Liz McComb Quintet.

Chanteuse, pianiste et compositrice américaine, Liz McComb a déjà été en Tunisie plusieurs fois. Elle s’est produite au Tabarka Jazz Festival en 2013 et son dernier passage remonte à 2019 dans le cadre de la 55e édition du Festival international de Hammamet. Pour ce spectacle, le théâtre était plein, avec un public cosmopolite et des journalistes représentant des chaînes internationales.

Liz McComb a fait son entrée sur scène, aidée par un membre de l’équipe technique. Si les années semblent avoir affecté sa mobilité, la puissance de sa voix et son énergie sont toujours intactes. Dès que ses doigts ont effleuré le clavier, l’artiste de 73 ans a fait une transformation surprenante, jusqu’à même jouer au piano debout et chanter sans micro.

Pour cette soirée mémorable, Liz McComb a été accompagnée par quatre musiciens : un batteur, un bassiste, un pianiste. À la guitare, il y avait le célèbre artiste tunisien Hedi Fahem, élu meilleur guitariste au monde au concours de Yamaha en 2016.

L’histoire de la collaboration entre Liz McComb et Hedi Fahem remonte à plusieurs années. Le guitariste a été contacté pour jouer en invité avec son idole qu’il regardait à la télé avec beaucoup d’admiration depuis l’âge de 7 ans. Découvrant son immense talent, la star américaine l’a sollicité pour se produire à ses côtés sur de grandes scènes internationales.

Les deux artistes se sont retrouvés de nouveau pour le Tabarka Jazz Festival où la magie a encore opéré. « Il était fan de moi, maintenant c’est moi qui suis fan de lui », nous a dit Liz McComb après le concert.

L’alchimie était en effet perceptible entre les deux musiciens et on ne peut compter le nombre de fois où la star américaine s’est arrêtée pour faire l’éloge du talent de Hedi Fahem au cours de cette soirée. C’étaient, pour le public et les journalistes tunisiens, de véritables moments de fierté. Ce partage de scène entre artistes tunisiens et étrangers est en effet toujours apprécié et même bénéfique. Il illustre l’excellence des talents nationaux, capables de rivaliser à grande échelle, et symbolise le dialogue culturel que la musique incarne plus que tout autre art.

En chanteuse engagée, Liz McComb privilégie toujours les thèmes de la foi, de l’amour universel, de la paix et de l’espoir. Son répertoire puise essentiellement dans le gospel, mêlé au jazz, au blues et d’autres influences encore. Ses titres trouvent un écho à grande échelle même au-delà du contexte religieux.

La setlist de son concert à Tabarka a inclu « Freedom » de la bande originale du film Django Unchained. Le célèbre refrain avec « I’m looking for freedom » a été repris avec un grand entrain par les spectateurs. Liz McComb a également chanté « A change is gonna come » de Sam Cooke, avec le couplet emblématique « I was born by the river ».

La star n’a pas tenu à s’emparer des projecteurs. Ce titre a donc été interprété en duo avec son pianiste James Simpson, à qui elle a même cédé le micro. Il y a eu également des reprises de « The Man Upstairs », un ancien chant gospel avec des notes de country, et de « Oh happy day », l’un des morceaux de gospel les plus célèbres de tous les temps, basé sur un hymne du XVIIIe siècle.

« Ain’t no sunshine » de Bob Marley était aussi au programme. Les chansons ont été revisitées dans des versions longues, nourries en harmonies, en improvisations et en ferveur. Les notes de la guitare de Hedi Fahem ont ajouté une touche à la fois mélodique et intense. Une chanson dédiée aux politiciens corrompus qui manipulent le monde et abusent de leurs pouvoirs « The political liars ».

La star est descendue de la scène pour être plus proche des spectateurs lors de cette interprétation, donnant ainsi plus d’impact et d’intensité aux paroles. D’ailleurs, des discours concis et pertinents ont même ponctué les titres tout au long du concert.

Plus qu’une démonstration de virtuosité musicale, le concert de Liz McComb Quintet a été une ôde à l’art qui porte des messages engagés au-delà de toutes les frontières. C’était une soirée où l’on chante en chœur avec les artistes, on danse et on s’abandonne à la portée des notes dans une communion totale.

Le Tabarka Jazz Festival se poursuit jusqu’au 9 juillet, promettant encore plus de surprises. Il y aura à chaque soirée deux scènes et deux ambiances distinctes pour un plaisir musical garanti.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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