L’Ordre des vétérinaires met en garde contre le stress thermique des élevages et brise le mythe de la rage estivale
Le monde de l’élevage est mis à rude épreuve par ces temps chauds. A l’heure des fluctuations climatiques et pour éviter de lourdes pertes économiques, le vétérinaire, Dr Yazen Rebaï, appelle à la mise en place de mesures d’urgence dans les poulaillers et les bergeries et exhorte les citoyens à abreuver les animaux errants.
Intervenant ce matin du vendredi 10 juillet 2026 sur les ondes de Jawhara FM, le docteur Yazen Rebaï, secrétaire général du Conseil national de l’Ordre des médecins vétérinaires, a d’emblée dressé un bilan alarmant quant à l’influence néfaste de la chaleur sur nos richesses animales. « La hausse record du thermomètre enregistrée en ce mois de juillet impacte de manière directe et violente le métabolisme animal » dit-il. Il a indiqué à ce titre que les bêtes font face à des défaillances systémiques graves, identiques à celles subies par le corps humain, provoquant un phénomène clinique critique qualifié par les épidémiologistes de « stress thermique ». Ce déséquilibre biologique, explique l’expert, survient lorsque la hausse extrême des températures de l’air se conjugue à un fort taux d’humidité atmosphérique. « Le mécanisme de régulation thermique de l’animal se bloque en cas de forte chaleur, le rendant incapable d’évacuer ses calories excédentaires, ce qui engage son pronostic vital à court terme ».
Pour prémunir les filières d’élevage contre des pertes financières et des taux de mortalité dramatiques qui menacent directement le secteur avicole notamment les poulaillers de chair et de ponte, ainsi que les cheptels de rente (bovins, ovins, caprins), l’Ordre des vétérinaires préconise le déploiement d’un protocole de sauvegarde zootechnique strict. Dans ce sens, le docteur Rebaï insiste sur l’obligation d’interdire tout pâturage ou exposition directe aux rayons solaires durant les heures de pic thermique en milieu de journée. « Les exploitants doivent impérativement réaménager les structures d’accueil pour maximiser les zones d’ombre, optimiser le cubage d’air par tête pour garantir le confort biologique des bêtes et investir massivement dans des systèmes de ventilation dynamique, de brumisation et de refroidissement industriel au sein des bâtiments d’élevage », dicte-t-il.
Rage animale, la fin d’un mythe
Le secrétaire général de l’Ordre a profité de l’occasion pour opérer une mise au point scientifique majeure et déconstruire une croyance populaire erronée. Le vétérinaire a formellement démenti la rumeur publique associant la prévalence de la rage chez les chiens errants aux pics de chaleur de l’été. Il a rappelé, avec rigueur, que la rage est une pathologie exclusivement virale, infectant les mammifères et les espèces à sang chaud. « Ce virus hautement mortel circule de manière linéaire et constante à la même fréquence tout au long des quatre saisons, sans que les facteurs thermiques ou météorologiques n’exercent la moindre influence sur sa virulence ou sa transmission » tranche-t-il.
Le représentant de l’Ordre a par ailleurs lancé un appel à la solidarité citoyenne et à l’éthique animale face à la sévérité du climat actuel. Il exhorte la population à créer des points d’eau pour les animaux et de disposer des récipients et des gamelles d’eau propre au sein des espaces publics et des zones ombragées afin de permettre aux animaux de rue et aux oiseaux de s’abreuver et étancher leur soif. Le vétérinaire insiste sur la nécessité de renouveler mécaniquement ces points d’eau pour en préserver la fraîcheur et la salubrité, qualifiant ce geste « d’obligation humanitaire minimale pour soutenir des créatures vulnérables face à l’agressivité de la canicule ».



