Point de vue : Démissions « virtuelles » !
La Presse — Salah Mejri a publié un post où il affirme démissionner de sa qualité de vice-président de la Ftbb pour des raisons personnelles. Mongi Bhar, au CSHL, démissionne de nouveau après une première démission prononcée, et quelques mois en arrière, Hedia Mansour, présidente de la FT Natation, nous a livré un inoubliable show en disant quitter son poste après avoir reçu des menaces parce qu’elle aurait découvert de lourds dossiers de corruption. Aujourd’hui, et après quelque temps, l’annonce spectaculaire de Mme Mansour s’apparente plus à un coup de relations publiques, pas plus. Elle est encore à la barre, elle dirige comme si de rien n’était, elle et ses pairs. Salah Mejri, lui aussi, a démissionné sur les réseaux sociaux et il faudra attendre un document officiel pour en être sûr. Quant à Mongi Bhar, il s’est heurté au veto des autorités régionales sur son retour après l’annonce de la démission. Et plein de présidents de clubs déclarent tous les mois qu’ils partent. Ils appellent les radios, ils profitent des réseaux sociaux pour monter au créneau et jouer les héros avant de se rétracter. Si la situation est si désespérante, pourquoi restent-ils ? S’ils sont sérieux, pourquoi ne pas présenter leur démission par écrit au bureau fédéral et puis à la tutelle et suivre les procédures irrévocables ? Tout simplement, parce que, dans la plupart des cas, ce sont des démissions fictives, une sorte de « cinéma » pour attirer l’attention, pour faire parler d’eux et d’elles. Une carte qu’on joue pour mettre la pression sur la tutelle ou sur les clubs ou sur le public. Ou tout simplement menacer de partir en sachant qu’il n’y a pas de relève possible. Soyons sérieux. Quand on est élu président d’une fédération ou vice-président, c’est une énorme responsabilité. Une confiance lourde et engageante de la part des clubs. Menacer de partir au moindre accident, ou à la moindre divergence interne, n’est qu’un manquement terrible. Pourquoi alors débarquer quand on sait que plus tard et pour n’importe quelle raison on va démissionner ? De plus, jouer la mauvaise comédie en usant des médias et des réseaux sociaux n’est pas beau ni noble vis-à-vis de tout le monde. Ou on démissionne et on assume ce que l’on a décidé, ou on essaye de trouver une solution et on avance. Peut-être que, quelque part, le ministère des Sports devrait agir en cadrant cette piteuse mode de fausses démissions ou de démissions « virtuelles ». Celui ou celle qui le fait sera considéré comme démissionnaire même sans la présenter par écrit. Ainsi, on verra sûrement ce phénomène régresser.


