Le Parlement tunisien affiche un franc optimisme pour l’économie touristique nationale. Mohamed Yahyaoui, président de la commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat au Parlement, annonce un pic des visites dès le 25 juillet grâce au retour massif des Russes, des Européens et Britanniques. Cependant, face aux défis environnementaux, il lie la réussite du secteur à une réforme urgente du code des collectivités locales et, par ricochet, à la tenue des élections municipales.
Intervenant ce vendredi 10 juillet 2026 au micro de Jawhara FM, Mohamed Yahyaoui a révélé des indicateurs de performance particulièrement encourageants. Selon le député, le rythme des réservations hôtelières et des flux aériens enregistre une progression constante et consolidée. S’appuyant sur les dernières projections statistiques du ministère du Tourisme, le député a annoncé que la Tunisie s’apprête à accueillir un contingent historique de 12 millions de vacanciers au cours de cette année. Il qualifie une telle performance de record qui surclasserait définitivement les indicateurs déjà élevés de l’exercice précédent.
« La chronologie d’exploitation établie par la commission parlementaire identifie une accélération majeure de l’activité à court terme », indique-t-il à ce sujet. Et d’ajouter que « le pic de fréquentation et de saturation des capacités d’hébergement hôtelier interviendra simultanément dans l’ensemble des zones touristiques de la République à partir de la semaine du 20 au 25 juillet ». Mohamed Yahyaoui attribue cette attractivité retrouvée à la diversification de l’offre tunisienne ainsi qu’à la stabilité politique du pays. « Le climat de stabilité et de confiance dans le pays a permis de réactiver les marchés émetteurs stratégiques traditionnels, concrétisant le retour massif des voyagistes d’Europe occidentale, c’est-à-dire les touristes Français et Allemands ainsi que ceux venus d’Europe orientale. Cette dynamique consolidée par un rebond spectaculaire des arrivées en provenance du Royaume-Uni mais aussi de Russie ».
Urgence écologique et appel pressant à des réformes municipales
Le président de la commission parlementaire a toutefois nuancé ses propos en soulevant un point structurel de grande importance en rapport avec l’image de marque de la destination. Il a insisté, dans cet ordre d’idées, sur l’obligation d’élever, et de manière drastique, les standards de qualité des prestations. Il a spécifiquement ciblé la gestion de la propreté publique et de l’environnement au sein des stations balnéaires, étape qui s’avère cruciale pour la réussite de la saison. Qualifiant la salubrité urbaine de responsabilité sociétale partagée entre les services de l’État, les administrations communales et le civisme des citoyens, le parlementaire a affirmé que « l’attractivité d’une zone, d’une plage ou d’une médina dépend de sa salubrité et qu’il est intolérable que de tels lieux souffrent de défaillances logistiques de collecte ».
Pour résoudre durablement cette équation environnementale qui pèse lourdement sur l’économie du tourisme, le représentant du peuple a lancé un appel pressant à la Kasbah l’exhortant d’accélérer l’organisation des prochaines élections municipales et de finaliser l’amendement du Code des collectivités locales. « La restructuration législative de la gouvernance locale est une condition sine qua non pour doter les municipalités de budgets autonomes suffisants et de prérogatives de police environnementale coercitives, des leviers juridiques et matériels indispensables pour soutenir le travail municipal sur le terrain et sécuriser le développement touristique à long terme », conclut-il.



