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Tunisie : une échéance de 700 millions d’euros attendue le 15 juillet, quel impact sur les réserves en devises ?

  • 10 juillet 2026
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Tunisie : une échéance de 700 millions d’euros attendue le 15 juillet, quel impact sur les réserves en devises ?

L’endettement total de l’économie tunisienne, incluant la dette publique et privée, a atteint 154,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 160,5 % en 2024, selon les données du rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) citées par l’analyste financier Moez Hadidane.

Lors de son intervention ce vendredi 10 juillet 2026 sur Express Fm, l’expert a indiqué que cette évolution traduit principalement une baisse de la dette extérieure à moyen et long terme, alors que l’économie tunisienne connaît parallèlement une progression du recours au financement intérieur.

La dette extérieure recule, la dette intérieure augmente

Selon l’analyse de Moez Hadidane, la dette extérieure de l’économie tunisienne est passée de 46,7 % du PIB en 2024 à environ 39 % en 2025. À l’inverse, la dette intérieure a progressé, passant de 113,8 % à 115,4 % du PIB, révélant une transformation progressive des sources de financement de l’économie. En valeur absolue, la dette intérieure de l’État et du secteur privé est passée de 181 milliards de dinars en 2024 à 199 milliards de dinars en 2025.

Dans le détail, la dette intérieure de l’État a augmenté de 62 milliards de dinars à 75 milliards de dinars, soit une hausse de 21 %. De son côté, la dette intérieure du secteur privé est passée de 119 milliards de dinars à 129 milliards de dinars, enregistrant une progression de 8,3 %.

Le recul de la dette extérieure concerne l’État et le privé

En parallèle, la dette extérieure totale de l’État et du secteur privé a diminué, passant de 74,5 milliards de dinars à 67 milliards de dinars, soit une baisse de 9,9 %.

La dette extérieure de l’État est passée de 62,5 milliards de dinars à 55,5 milliards de dinars, enregistrant un recul de 11,2 %. Quant à la dette extérieure du secteur privé, elle a légèrement diminué, passant de 12 milliards de dinars à 11,6 milliards de dinars, soit une baisse de 3,5 %.

Analysant cette évolution, Moez Hadidane estime que le recours accru au financement intérieur a permis à l’État tunisien de disposer d’une marge d’autonomie plus importante par rapport à l’endettement extérieur.

Cette orientation pose toutefois deux défis majeurs. Le premier concerne la nécessité pour l’économie tunisienne de disposer de flux réguliers en devises étrangères afin de financer le déficit courant et préserver un niveau confortable de réserves.

Le second porte sur le risque d’effet d’éviction du secteur privé. Selon l’analyste, les banques pourraient être davantage incitées à orienter leurs ressources vers le financement de l’État, au détriment du financement des entreprises privées et de l’investissement.

Les financements exceptionnels de la BCT au Trésor en forte hausse

Moez Hadidane a également relevé l’évolution des financements exceptionnels accordés par la Banque centrale au Trésor public. Ces financements ont progressé de 78 % entre 2024 et 2025, passant de 7 milliards de dinars à 13,5 milliards de dinars.

Pour l’analyste, cette hausse du financement monétaire pourrait entraîner des pressions inflationnistes, dans la mesure où la masse monétaire progresserait à un rythme supérieur à celui de la croissance économique.

Autre indicateur évoqué : l’évolution de la couverture des importations par les réserves en devises.

Selon le rapport de la Banque centrale cité par Moez Hadidane, le nombre de jours d’importation couverts par les réserves est passé de 121 jours à fin 2024 à 106 jours à fin 2025. Il s’établit actuellement à 99 jours.

La Tunisie doit par ailleurs faire face à une importante échéance extérieure prévue le 15 juillet, d’un montant d’environ 700 millions d’euros, soit près de 2,3 milliards de dinars.

Le remboursement de cette échéance pourrait entraîner une baisse des réserves équivalente à 9 à 10 jours d’importation, ramenant la couverture à environ 88 jours, en l’absence de nouvelles entrées significatives de devises.

En conclusion, Moez Hadidane a souligné que le volume des dettes tunisiennes arrivant à échéance sur les marchés financiers internationaux a enregistré une baisse notable. Ces engagements sont passés de 8 milliards de dinars à fin 2024 à 4 milliards de dinars à fin 2025. Après le remboursement de l’échéance prévue à la mi-juillet, ce montant devrait encore reculer pour atteindre environ 1,7 milliard de dinars.

Ces évolutions traduisent une recomposition du financement de l’économie tunisienne : une moindre exposition à la dette extérieure, mais une pression accrue sur les mécanismes de financement internes, dans un contexte où l’équilibre entre besoins de l’État, soutien à l’investissement privé et préservation des réserves en devises demeure un enjeu central.

R.I

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R. I

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