La Tunisie s’est classée au cinquième rang des destinations africaines des exportations turques durant les six premiers mois de 2026, avec un volume d’achats estimé à 619,4 millions de dollars, selon les données de l’Assemblée des exportateurs turcs (TİM). À l’échelle du continent, les exportations turques ont atteint 11 milliards de dollars sur la même période, en hausse de 12 % sur un an.
Derrière le Maroc, l’Égypte, la Libye et l’Algérie, la Tunisie confirme ainsi sa place parmi les principaux marchés africains pour les entreprises turques. Si elle reste loin des premiers marchés du continent en termes de volume, sa position dans ce classement illustre l’importance accordée par Ankara aux relations économiques avec Tunis dans le cadre de sa stratégie africaine.
La Tunisie, cinquième marché africain des produits turcs
Selon les chiffres issus des données du TİM, la Turquie a exporté vers les pays africains environ 11 milliards de dollars de marchandises entre janvier et juin 2026, enregistrant une progression annuelle de 12 %.
Le classement des principales destinations africaines des produits turcs se présente comme suit : le Maroc avec 2,2 milliards de dollars, vient en deuxième position l’Égypte avec environ 2 milliards de dollars. En troisième positions on retrouve la Libye avec 1,3 milliard de dollars, suivie de l’Algérie avec 950,9 millions de dollars et la Tunisie avec 619,4 millions de dollars.
Pour la Tunisie, ces chiffres traduisent le poids croissant des échanges avec la Turquie, un partenaire commercial déjà bien implanté dans plusieurs secteurs de l’économie nationale.
En effet, le marché tunisien absorbe notamment des produits turcs dans les domaines du textile et de l’habillement, des équipements industriels, des machines, des produits chimiques et des matériaux de construction. En parallèle, les exportations tunisiennes vers la Turquie demeurent plus limitées, alimentant régulièrement le débat sur l’équilibre des échanges bilatéraux.
Ankara accélère sa stratégie commerciale en Afrique
La progression des exportations turques vers le continent s’inscrit dans une stratégie plus large menée par Ankara depuis plusieurs années. La “diplomatie commerciale” est devenue l’un des instruments majeurs de la politique économique extérieure turque, avec l’objectif de renforcer les investissements, d’accroître la présence des entreprises turques et de développer les partenariats avec les acteurs économiques africains.
Cette orientation repose notamment sur un plan d’action lancé en 2003 par le ministère turc du Commerce afin de dynamiser les relations économiques et commerciales avec les pays africains. Depuis, la Turquie a multiplié les missions économiques, les accords commerciaux et les investissements sur le continent.
Par ailleurs, le Maroc demeure le premier débouché africain pour les exportations turques durant cette période, avec environ 2,2 milliards de dollars d’achats. Les entreprises turques y sont actives dans plusieurs secteurs, notamment l’automobile, le textile, les produits chimiques, la logistique ou encore l’industrie sidérurgique. Près de 250 entreprises turques seraient implantées dans le royaume.
L’Égypte occupe la deuxième position avec près de 2 milliards de dollars d’importations turques. Ankara et Le Caire affichent également des ambitions élevées, avec un objectif de porter le volume des échanges bilatéraux à 15 milliards de dollars. Les secteurs du textile, de l’industrie manufacturière, de la chimie, du tourisme et de l’énergie figurent parmi les principaux axes de coopération.
La Libye arrive en troisième position avec 1,3 milliard de dollars d’exportations turques, notamment dans les secteurs du mobilier, de l’agroalimentaire, des machines, des équipements mécaniques et des matériaux de construction. Les deux pays coopèrent également dans les infrastructures, l’énergie et le commerce extérieur.
L’Algérie, quatrième marché africain avec 950,9 millions de dollars, poursuit également le développement de ses relations économiques avec Ankara, avec une coopération concentrée notamment sur l’énergie, l’industrie, le textile, la sidérurgie et la construction. Les deux pays affichent l’ambition d’atteindre un volume d’échanges de 10 milliards de dollars.
Un partenariat économique à consolider pour Tunis
La progression des exportations turques vers la Tunisie intervient dans un contexte où les relations économiques entre les deux pays restent importantes mais parfois marquées par des déséquilibres.
L’accord de libre-échange tuniso-turc, entré en vigueur en 2005, avait pour objectif de stimuler les échanges et les investissements bilatéraux. Toutefois, plusieurs organisations professionnelles tunisiennes ont régulièrement appelé à une révision de certains mécanismes, estimant que l’ouverture commerciale avait favorisé une progression plus rapide des importations turques que des exportations tunisiennes.
Le défi pour Tunis consiste désormais à maintenir un partenariat économique stratégique avec Ankara tout en renforçant la compétitivité des entreprises locales et en développant davantage les exportations tunisiennes vers le marché turc.
Et avec 619,4 millions de dollars d’exportations turques absorbées en six mois, la Tunisie confirme en tout cas son statut de marché africain important pour Ankara. Reste à transformer cette dynamique commerciale en un partenariat davantage équilibré, capable de favoriser aussi l’investissement productif et l’accès des produits tunisiens au marché turc.



