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Le Festival de Testour confirme l’annulation de sa 60e édition et dénonce des “ingérences”

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  • 12 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Le Festival de Testour confirme l’annulation de sa 60e édition et dénonce des “ingérences”

Le comité directeur du Festival international du malouf et de la musique arabe traditionnelle de Testour maintient l’annulation de sa 60e édition pour protester contre des « ingérences », tout en excluant pour le moment toute démission, a annoncé dimanche le directeur du festival, Fakhreddine Garouachi.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Garouachi a confirmé l’annulation de cette édition, qui devait se dérouler du 15 au 25 juillet 2026 sous le slogan « Ghanni el ward » (Chante la rose).

Selon le responsable, cette décision fait suite à de fortes interférences dans la programmation, des différends sur la dénomination de l’édition, des retards administratifs et des pressions exercées sur les sponsors. Le comité déplore également l’absence de déblocage des subventions publiques par le ministère des Affaires Culturelles, à quelques jours du coup d’envoi initial.

La conférence de presse programmée pour ce dimanche a été annulée. Selon le directeur, le communiqué officiel déjà publié par le comité fournit toutes les explications nécessaires.

L’avenir du comité directeur dépendra désormais des mesures qui seront prises par les autorités de tutelle, a précisé Garouachi.

Cette annulation intervient quelques jours après l’annonce du programme de cette 60e édition qui devait faire son retour après 12 ans d’absence, dévoilé le jeudi 9 juillet à Testour. Lors de cette rencontre avec les médias, le directeur avait rappelé la vocation du festival à préserver le malouf, une musique traditionnelle dont la ville de Testour demeure l’un des principaux bastions, malgré les difficultés financières de l’association.

Le comité directeur du Festival de Testour a dévoilé samedi les détails de la crise qui l’oppose au ministère des Affaires culturelles. L’association a publié les documents officiels de sa démission collective (datée du 2 juillet 2026), – initialement refusée par le gouverneur de Béja – ainsi que le procès-verbal scellant l’annulation définitive de la 60e édition.

Selon une mise au point publiée par le comité, une démission collective avait été présentée le 2 juillet 2026 au gouverneur de Béja. Ce dernier l’avait refusée, promettant d’intervenir directement auprès de la ministre des Affaires Culturelles, après avoir pris connaissance des pressions et des problèmes administratifs dénoncés par le festival.

Malgré les assurances d’un retour à la normale et la promesse du déblocage de la subvention publique, qui avaient poussé le comité à annoncer la tenue de la 60e édition, les interventions ont persisté et les fonds n’ont jamais été versés. Face à des difficultés financières, l’association s’est résolue à annuler l’édition qui devait s’ouvrir le 15 juillet.

Les documents officiels publiés révèlent des reproches précis à l’encontre du ministère de tutelle, à commencer par des ingérences artistiques directes. Le comité dénonce l’annulation imposée du spectacle de Dorsaf Hamdani au profit de celui d’Aïda Niati, ainsi que l’imposition d’une représentation de Mohamed Abid. Des interventions administratives ont également visé la dénomination même de cette 60e édition, initialement placée sous le slogan « Ghanni el ward » (Chante la rose).

Sur le plan financier et selon les documents publiés, le président du festival a constaté la disparition du dossier de subvention au sein des services du ministère, pourtant déposé via la plateforme numérique le 24 avril, comme en témoigne le reçu de dépôt.

Le comité fustige également la réattribution par la délégation régionale des Affaires Culturelles d’un code de parrainage d’un sponsor au profit du festival de Béja. Face à cette situation, le trésorier de l’association, Salah El Kramti, a fait part du risque de nouvelles dettes en l’absence de fonds publics.

La décision d’annulation a été votée à la majorité par les neuf membres présents du comité directeur.

Dans une publication partagée samedi accompagnée des documents officiels, l’association a présenté ses excuses au public, affirmant qu’elle avait veillé au succès de l’édition mais qu’elle ne pouvait plus tolérer les pratiques imposées au festival

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Auteur

La Presse

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