Coupures d’eau répétitives à Djerba : La colère des habitants d’Ajim gronde…
La tension monte d’un cran sur l’île des Lotus. Face à des coupures d’eau potable et ne pouvant pas étancher leur soif en cette pleine canicule, les insulaires dénoncent le mutisme de la société tunisienne d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE).
En effet, ce lundi 13 juillet 2026, un collectif de citoyens originaires de la délégation de Djerba Ajim (gouvernorat de Médenine), a organisé un sit-in protestataire devant les bureaux du district de la SONEDE à Houmt Souk. Ce mouvement de fronde fait suite à une dégradation critique des conditions de vie, causée par des coupures d’eau intempestives et répétitives s’étalant sur plus d’une semaine.
La rage des manifestants a grondé où ils ont dénoncé des coupures opérées sans aucun préavis et un black-out communicationnel total de la part des services de la société publique. Qualifiant la situation de catastrophique, les habitants se révoltent contre le tarissement des robinets surtout par ces temps chauds et dénoncent aussi la sécheresse des réserves des citernes traditionnelles de collecte des eaux de pluie (Fesakhi et Mouajel).
Une situation qui a privé les familles de leur droit vital de s’abreuver, mais aussi de cuisiner, de se laver ou d’assurer les rudiments les plus élémentaires de l’hygiène domestique sous des températures particulièrement caniculaires. Les sit-ineurs exigent un rétablissement immédiat du débit sur tout le secteur d’Ajim et appellent à l’ouverture d’un plan d’urgence pour résoudre le stress hydrique de l’île.
La réponse technique de la SONEDE tente de nuancer la portée de la crise. Intervenant en réponse aux revendications, Sourour Saleh, directrice du district de Djerba, a affirmé que l’approvisionnement en eau potable a officiellement retrouvé un cours normal depuis la journée de samedi dernier sur la délégation d’Ajim.
Selon ses explications, les coupures découlaient d’une avarie matérielle lourde survenue sur le grand réservoir de stockage de Guellala, l’infrastructure névralgique qui alimente le secteur. Les équipes de maintenance, a-t-elle encore indiqué, ont achevé les travaux de soudure et de calibrage nécessaires pour rétablir le niveau de remplissage nominal de la cuve, résolvant ainsi ce point de blocage spécifique.
La responsable a toutefois fait preuve de transparence en admettant que le problème de fond demeure entier. « L’île de Djerba fait face à un déficit hydrologique structurel permanent, les ressources aquifères locales étant largement inférieures aux volumes consommés par la population et le secteur hôtelier » a-t-elle laissé entendre. Et d’ajouter que « cette équation devient systématiquement déficitaire dès le début de la saison estivale pour atteindre son paroxysme lors du pic touristique de juillet et août ».
Il est à rappeler que la SONEDE déploie des chantiers de modernisation de son réseau de transport. Le district vient de débloquer une enveloppe budgétaire spécifique dédiée à la réhabilitation complète et au chemisage des canalisations de distribution vétustes de l’île, un dossier technique dont le cahier des charges est finalisé en attente du lancement officiel de l’appel d’offres public.
A ce titre, la directrice a toutefois martelé que ces aménagements de surface ne seront que des palliatifs. « La seule et unique solution capable de sécuriser définitivement l’alimentation en eau potable de Djerba et de soutenir son économie réside dans l’extension lourde de la capacité de production de la grande station de dessalement d’eau de mer de l’île », a-t-elle conclu.
S.R



