La qualité de vie dans les grandes villes continue de révéler de profondes disparités à travers le monde. Le Global Liveability Index 2026, publié par l’Economist Intelligence Unit (EIU), classe 173 villes selon leur capacité à offrir un environnement favorable au quotidien, en évaluant la stabilité, la santé, la culture et l’environnement, l’éducation ainsi que les infrastructures.
Cette année, Copenhague conserve la première place mondiale avec un score de 98 points sur 100, suivie de Vienne et Melbourne, toutes deux créditées de 97 points. Le haut du classement reste dominé par les villes européennes, australiennes et japonaises, qui bénéficient de systèmes de santé performants, d’infrastructures solides et d’une grande stabilité institutionnelle.
À l’autre extrémité du tableau, plusieurs grandes villes africaines restent confrontées à d’importants défis. Quatre villes du continent figurent parmi les dix dernières du classement : Harare (Zimbabwe), Lagos (Nigeria), Alger (Algérie) et Tripoli (Libye).
L’Afrique et la région MENA encore pénalisées
La capitale libyenne, Tripoli, occupe la 172e place mondiale avec un score global de 41 points, principalement pénalisée par les conséquences de plusieurs années d’instabilité et de difficultés institutionnelles.
Alger, classée 169e avec 43 points, affiche un bilan contrasté. La capitale algérienne obtient de meilleurs résultats dans certains secteurs, notamment la santé (54 points) et l’éducation (58 points), mais reste fortement pénalisée par ses infrastructures, évaluées à seulement 30 points.
Lagos (168e, 44 points) et Harare (165e, 45 points) complètent la présence africaine dans le bas du classement. L’EIU souligne notamment l’impact de la croissance démographique, de la pression sur les services publics, des difficultés de transport et des enjeux sécuritaires.
Au niveau régional, la moyenne du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) atteint 61 points sur 100, loin derrière l’Europe occidentale (92 points) et l’Amérique du Nord (90 points). La région obtient toutefois de meilleurs résultats que l’Afrique subsaharienne, qui affiche une moyenne de 55 points.
La MENA est notamment pénalisée par la stabilité (55 points) et la culture-environnement (52 points), malgré des performances plus élevées dans l’éducation (78 points) et la santé (68 points).
Les villes où il fait le meilleur vivre
Le classement est dominé par des villes disposant d’un équilibre entre services publics, sécurité et infrastructures.
Le top 10 mondial est composé de : Copenhague (Danemark) : 98 points ; Vienne (Autriche) : 97 points ; Melbourne et Sydney (Australie) : 97 points ; Zurich et Genève (Suisse) : 96 points ; Osaka et Tokyo (Japon) : 96 points ; Adelaide (Australie) : 96 points et Vancouver (Canada) : 96 points.
Ces villes se distinguent par leur stabilité, la qualité de leurs systèmes de santé, leurs infrastructures modernes et leurs performances éducatives.
L’édition 2026 montre également que les classements urbains ne sont jamais figés.
Parmi les plus fortes progressions figurent plusieurs villes chinoises, notamment Fuzhou, qui gagne sept places, ainsi que Lisbonne, qui progresse de six rangs pour atteindre la 54e position mondiale avec un score de 89 points.
À l’inverse, plusieurs villes enregistrent un recul important. Mascate (Oman) perd 14 places, Koweït City 12 places et Amman 11 places. D’autres villes du Golfe, comme Manama, Doha, Abou Dhabi et Dubaï, enregistrent également des baisses.
Ces évolutions rappellent qu’une ville ne peut pas être évaluée uniquement à travers ses infrastructures ou sa richesse économique. L’EIU insiste sur la nécessité d’un équilibre entre stabilité, services publics, environnement et conditions de vie quotidiennes.
Que dit ce classement pour la Tunisie ?
La question intéresse naturellement les observateurs tunisiens : quelle place occupe Tunis dans ce classement mondial ?
Selon le rapport de synthèse du Global Liveability Index 2026 publié par l’Economist Intelligence Unit (EIU), qui évalue 173 villes à travers le monde, la capitale tunisienne n’apparaît pas dans les tableaux de classement détaillés présentés dans le document disponible. Le rapport met toutefois en lumière les tendances mondiales et régionales en matière d’habitabilité, notamment les performances des villes les mieux classées, les reculs enregistrés dans certaines régions et les écarts entre les différentes zones géographiques
Cette absence invite toutefois à regarder les critères utilisés par l’EIU comme autant d’indicateurs de réflexion pour les villes tunisiennes : qualité des transports, infrastructures urbaines, environnement, accès aux services publics, santé et attractivité économique.
Car derrière les classements internationaux, l’enjeu dépasse les chiffres : il s’agit de mesurer la capacité des villes à offrir un cadre de vie durable, à attirer les investissements et à répondre aux attentes quotidiennes de leurs habitants.
R.I




