La panne en Algérie a-t-elle aggravé les coupures en Tunisie ? La STEG s’explique
Les coupures d’électricité enregistrées ces derniers jours dans plusieurs régions tunisiennes ne sont pas liées à une seule cause. Selon le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, ces perturbations résultent de la combinaison de plusieurs facteurs, dont une vague de chaleur exceptionnelle, une consommation record d’électricité et un incident technique survenu en Algérie ayant affecté les échanges énergétiques entre les deux pays.
Intervenant ce mercredi 15 juillet 202- sur Diwan Fm, le responsable a expliqué que la Tunisie bénéficie, lors des périodes de forte demande, d’accords d’échange d’électricité avec l’Algérie afin de soutenir l’équilibre du réseau national. Toutefois, une panne technique enregistrée dans une installation énergétique située dans la région de Sidi Okba, dans l’est algérien, a entraîné une réduction temporaire des quantités d’énergie disponibles, accentuant ainsi la pression sur le système électrique tunisien.
Cette perturbation est intervenue dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des températures élevées ayant provoqué une hausse importante de la consommation, notamment en raison de l’utilisation intensive des climatiseurs durant les heures de pointe, entre 13h00 et 17h00.
Une pression exceptionnelle sur le réseau électrique
Fayçal Trifa a précisé que la chaleur n’a pas seulement provoqué une augmentation de la demande, mais qu’elle a également affecté les performances de certains équipements électriques. Selon lui, des situations similaires ont été observées dans plusieurs pays, y compris en Europe, malgré leurs capacités importantes de production énergétique.
Face à cette pression, la STEG peut avoir recours au délestage, une procédure technique consistant à interrompre temporairement l’alimentation électrique dans certaines zones afin de préserver l’équilibre global du réseau.
Le PDG de la STEG a expliqué que cette mesure vise précisément à éviter un scénario plus grave : un black-out généralisé, qui nécessiterait des opérations complexes et longues pour rétablir totalement le courant.
Il a cité à ce propos l’exemple de l’Espagne en 2025, où une panne électrique majeure avait nécessité près de 24 heures avant un retour complet à la normale.
En conclusion, Fayçal Trifa a appelé les citoyens à réduire leur consommation d’électricité, particulièrement durant les heures de pointe, afin d’alléger la pression sur le réseau national et de garantir la continuité de l’approvisionnement.
S.R



