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Banque mondiale : Les secteurs déterminants pour la résilience économique de la Tunisie

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  • 16 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Banque mondiale : Les secteurs déterminants pour la résilience économique de la Tunisie

Face à de fortes pressions sur les équilibres macroéconomiques et les ressources naturelles, la Tunisie accélère aujourd’hui  sa transformation structurelle autour de trois secteurs stratégiques : l’énergie, le numérique et l’eau. Selon le représentant résident de la Banque mondiale en Tunisie, Alexandre Arrobbio,  cette dynamique s’inscrit dans une vision de long terme visant à renforcer la résilience économique du pays, à réduire ses dépendances extérieures et à stimuler la croissance.

La Presse — Entre une transition énergétique ambitieuse, une montée en puissance de la connectivité numérique et une réponse aux défis du stress hydrique, la Tunisie mise sur des investissements structurants et des partenariats internationaux pour se positionner comme un acteur régional clé.

La transition énergétique, un processus stratégique

La Banque mondiale place l’énergie, le digital et l’eau au cœur du futur économique tunisien. Dans ce cadre, Alexandre Arrobbio, Représentant Résident de la Banque mondiale pour la Tunisie indique que «  la transition énergétique en Tunisie constitue un processus particulièrement stratégique.

Des avancées significatives ont été enregistrées ces dernières années ». Une stratégie nationale solide est mise en œuvre, portée par une vision à moyen terme visant à atteindre 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.

« Cet objectif permettra d’améliorer l’efficacité énergétique, de réduire les importations et, par conséquent, d’alléger la balance des paiements tout en renforçant la sécurité énergétique du pays », souligne-t-il. Il s’agit à la fois d’un projet innovant qui permettra de relier le réseau tunisien au réseau européen, contribuant ainsi à son renforcement. Ce projet constitue également « un symbole fort de coopération internationale, mobilisant plusieurs partenaires, dont l’Italie, l’Union européenne, la BEI, la Berd, la KfW et la Banque mondiale ».

À terme, ce projet porteur pourrait générer jusqu’à 30.000 emplois. Il ouvre également la voie à une ambition plus large : faire de la Tunisie un hub régional des énergies renouvelables.

Dans cette dynamique, la Tunisie s’est penchée sur plusieurs axes complémentaires à savoir : le renforcement des infrastructures de transmission ainsi que la modernisation de la Steg, indispensable pour accompagner cette transition. «  Il s’agit d’une approche globale et intégrée, impliquant à la fois les secteurs public et privé, ainsi que des partenaires internationaux. La mobilisation est forte, tant en termes d’actions que de financements, et témoigne de l’importance accordée à cette ambition », ajoute-t-il.

Il est opportun de rappeler que la Tunisie dispose aussi d’un capital humain important, avec des chercheurs, des étudiants et des start-up innovantes.

Le développement de l’intelligence artificielle requiert une disponibilité énergétique conséquente, créant désormais une forte complémentarité entre les enjeux énergétiques et numériques.

Le représentant résident de la Banque mondiale en Tunisie devait préciser que l’institution financière ne cesse d’accompagner le gouvernement tunisien dans la digitalisation des services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services sociaux. « Des progrès notables ont été réalisés ces dernières années. Des discussions sont également en cours afin de renforcer cet accompagnement, notamment en matière de stratégie numérique et d’intelligence artificielle. Il s’agit en effet d’une véritable révolution qu’il est essentiel de saisir ».

L’eau : un enjeu de  sécurité nationale

S’agissant de la question de l’eau, la sécurité hydrique constitue un défi majeur. Le pays fait face à un stress hydrique accentué par les effets du changement climatique, notamment sur la période 2016-2023.

La Tunisie a élaboré une vision à l’horizon 2050 reposant sur une approche globale intégrant à la fois l’offre et la demande en eau. Celle-ci inclut le développement de ressources non conventionnelles, telles que la réutilisation des eaux usées et la désalinisation, ainsi que la modernisation des réseaux afin de réduire les pertes. Une réflexion est également engagée sur l’utilisation de l’eau, notamment à travers l’agriculture intelligente (smart agriculture), visant à réduire la consommation hydrique.

« Ces efforts nécessitent des investissements considérables. Le secteur public ne peut pas agir seul, la contribution du secteur privé est essentielle ». Dans ce cadre, la Banque mondiale a mis en place un programme étalé sur dix ans, consacré à la sécurité hydrique. Il s’agit d’une initiative unique dans la région Afrique du Nord–Moyen-Orient, susceptible de servir de modèle pour d’autres pays. Cette approche couvre les investissements, la gouvernance, le renforcement des opérateurs ainsi que la mobilisation du secteur privé.

« La question de l’eau exige une vision à long terme, des ressources importantes et une coordination globale. Elle constitue un enjeu stratégique pour l’avenir du pays, au même titre que l’énergie et la transformation numérique », précise Alexandre Arrobbio.

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Auteur

Sabrine AHMED

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