Pluies diluviennes et risques de crues en août et septembre après la vague de chaleur, alerte un climatologue
La vague de chaleur exceptionnelle qui touche actuellement la Tunisie constitue l’une des manifestations les plus marquantes de l’accélération du changement climatique et du réchauffement planétaire. C’est ce qu’a affirmé, jeudi 16 juillet 2026, le climatologue Adel Hentati, qui met en garde contre un risque accru de fortes perturbations météorologiques, de pluies diluviennes et de crues durant les mois d’août et de septembre, selon les modèles climatiques européens.
Intervenant sur les ondes d’une radio privée, le spécialiste a expliqué que les études climatiques prévoyaient l’apparition de telles vagues de chaleur dans la région à l’horizon 2030-2031. Toutefois, l’accélération du changement climatique a avancé de plusieurs années l’arrivée de ces phénomènes extrêmes.
Selon Adel Hentati, la Tunisie et l’ensemble de l’Afrique du Nord subissent actuellement l’effet d’un puissant dôme de chaleur alimenté par une masse d’air saharienne extrêmement chaude, dont l’influence s’étend également à l’Europe occidentale, notamment à l’Espagne et au Portugal. Les températures devraient ainsi rester supérieures aux normales saisonnières au cours des prochains jours, même si l’écart devrait progressivement se réduire.
Le climatologue souligne également que l’un des principaux signes du dérèglement climatique réside dans l’alternance rapide entre des vagues de chaleur extrêmes et de violentes perturbations atmosphériques. La rencontre entre des masses d’air froid en provenance des régions polaires et un air chaud et humide peut favoriser la formation de puissants nuages orageux, capables de provoquer des pluies très abondantes, de la grêle et des crues soudaines.
Les modèles climatiques européens tablent actuellement sur une probabilité plus élevée de précipitations exceptionnelles en août et en septembre en Afrique du Nord et en Europe de l’Ouest. Adel Hentati précise toutefois qu’il s’agit de projections scientifiques dont le degré de fiabilité est estimé entre 40 % et 60 %, et non de prévisions certaines.
Face à cette situation, il appelle les citoyens, en particulier les personnes âgées et les malades chroniques, à éviter toute exposition au soleil durant les heures les plus chaudes, à s’hydrater régulièrement et à limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Il alerte également sur l’augmentation de l’évaporation des ressources en eau sous l’effet des fortes températures, accentuant les tensions sur les réserves hydriques du pays.
En conclusion, Adel Hentati estime que les changements climatiques ne relèvent plus de scénarios futurs, mais constituent désormais une réalité à laquelle la Tunisie est confrontée. Il juge indispensable d’anticiper aussi bien les vagues de chaleur récurrentes que les épisodes météorologiques extrêmes susceptibles de les suivre.



