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ELMED : le câble sous-marin avec l’Italie peut-il mettre fin aux coupures d’électricité en Tunisie ?

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  • 17 juillet 2026
  • 4 min de lecture
ELMED : le câble sous-marin avec l’Italie peut-il mettre fin aux coupures d’électricité en Tunisie ?

Alors que la Tunisie fait face à une forte pression sur son réseau électrique sous l’effet de la canicule et de la hausse de la consommation, le consultant en stratégie et analyste Sami Jallouli estime que le projet d’interconnexion électrique ELMED, reliant la Tunisie à l’Italie, constituera un tournant majeur pour la sécurité énergétique du pays. Il prévient toutefois que cette infrastructure, dont la mise en service est attendue à l’horizon 2028, ne suffira pas à elle seule si le réseau national n’est pas modernisé.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook officielle, Sami Jallouli affirme que “la Tunisie ne parviendra véritablement à assurer sa sécurité électrique qu’après l’achèvement d’ELMED”, estimant que cette infrastructure pourrait permettre de réduire, voire de faire disparaître, les coupures récurrentes d’électricité grâce à une meilleure intégration des échanges d’énergie entre les deux rives de la Méditerranée.
Développé conjointement par la STEG et l’opérateur italien Terna, ELMED est la première interconnexion électrique en courant continu à haute tension entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Le projet prévoit la réalisation d’un câble sous-marin d’environ 220 kilomètres, dont près de 200 kilomètres en mer, reliant Mlaabi (Cap Bon) à Partanna, en Sicile. D’une capacité de 600 MW, cette liaison sera bidirectionnelle, permettant aussi bien l’importation que l’exportation d’électricité entre les deux pays. Sa mise en service est prévue en 2028.
Selon les promoteurs du projet, cette interconnexion vise à renforcer la sécurité d’approvisionnement, améliorer la stabilité des réseaux électriques tunisien et italien, favoriser l’intégration des énergies renouvelables et développer les échanges d’électricité entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Le coût global du projet est estimé à environ 850 millions d’euros, dont plus de 307 millions d’euros sont financés par le mécanisme européen “Connecting Europe Facility”, tandis que la Banque mondiale participe au financement de la partie tunisienne ainsi qu’au renforcement du réseau électrique national.

ELMED ne suffira pas sans une refonte urgente du réseau électrique

Dans son analyse, Sami Jallouli regrette toutefois le retard accumulé par la Tunisie dans le développement des énergies renouvelables. Il rappelle que le pays s’était intéressé dès les années 2000 à la production d’électricité solaire, notamment à travers le projet Desertec, soutenu à l’époque par plusieurs groupes industriels et financiers européens. Selon lui, les difficultés actuelles du système électrique sont également le résultat d’un manque de planification et de politiques publiques insuffisamment abouties au cours des quinze dernières années.
L’analyste estime néanmoins que l’achèvement d’ELMED ne doit pas conduire les pouvoirs publics à attendre passivement 2028. Il plaide pour un vaste programme d’investissements destiné à moderniser le réseau de transport et de distribution de la STEG afin de lui permettre d’absorber des volumes croissants d’électricité produite à partir de sources renouvelables.
“Sans cette modernisation, la Tunisie risque de disposer d’une interconnexion internationale de dernière génération tout en conservant un réseau intérieur vieillissant”, avertit-il.
Cette analyse rejoint en partie les objectifs affichés par les autorités tunisiennes. En janvier dernier, la présidence du gouvernement a classé le projet ELMED parmi les infrastructures stratégiques faisant l’objet d’un suivi prioritaire. Le gouvernement considère cette interconnexion comme un levier majeur pour renforcer la sécurité énergétique du pays et accompagner l’objectif national visant à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030.
Si ELMED est appelé à faciliter les échanges d’électricité entre la Tunisie et l’Europe et à offrir davantage de flexibilité au système électrique national, plusieurs spécialistes rappellent toutefois que le projet ne constitue pas, à lui seul, une garantie contre les coupures de courant. La fiabilité de l’alimentation électrique dépendra également de la capacité de production nationale, du développement des énergies renouvelables, de la modernisation du réseau de la STEG et de l’équilibre permanent entre l’offre et la demande.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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