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Un mondial atypique et politisé : La coupe est pleine !

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  • 18 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Un mondial atypique et politisé : La coupe est pleine !

À voir la fougue avec laquelle les joueurs argentins ont affronté leurs adversaires britanniques en demi-finale du mondial, on croirait presque assister à une reconquête symbolique des îles Malouines (les «Falkland Islands» en anglais), cet archipel d’environ 770 îles situé dans l’océan Atlantique Sud. Il s’agit d’un territoire britannique d’outre-mer, actuellement administré par le Royaume-Uni, mais dont l’Argentine revendique toujours la souveraineté.

La Presse —Petit rappel historique : le 2 avril 1982, les troupes argentines occupent les îles Malouines, sous domination britannique depuis 1833. Le conflit qui s’ensuit se conclut par une écrasante victoire du Royaume-Uni. L’ONU reconnaît pourtant l’existence de ce litige territorial.

À travers plusieurs textes, notamment la résolution 2065 de 1965, elle appelle les deux pays à négocier. Un amer sentiment de frustration s’installe alors chez les Argentins, blessés une nouvelle fois dans leur fierté nationale. Mais c’est finalement sur le terrain de football qu’ils prennent leur revanche.

En quart de finale de la Coupe du monde 1986, lors du match opposant les Three Lions à l’Albiceleste, Diego Armando Maradona inscrit un mémorable but de la main, resté dans l’histoire. Profitant de l’inattention de l’arbitre  et de son assistant, il propulse le ballon au fond des filets d’un habile coup de main.

Pour l’histoire, Maradona ne s’arrête pas là, il élimine ensuite toute une armada de défenseurs anglais dans une chevauchée devenue légendaire pour inscrire un second but. Cette année-là, face à l’Allemagne de l’Ouest, l’Argentine remporte sa deuxième Coupe du monde, quatre ans, jour pour jour ou presque, après la défaite militaire de 1982. Un vrai baume au cœur pour les Argentins.

Après leur dernière victoire face aux Anglais au mondial américain, les vieux réflexes ont refait surface. Plusieurs joueurs argentins ont déployé une banderole proclamant  «Les Malouines sont argentines». Un rappel direct du conflit historique qui oppose les deux pays au sujet de ce territoire. Le geste a suscité une polémique, la Fifa interdisant en principe tout message à caractère politique.

Mais que pèse réellement cette polémique dans une Coupe du monde qui a vu le sport s’effacer derrière des tensions et des imbroglios extra-sportifs bien plus lourds ? Rappelons qu’au cours de ce même tournoi, le président américain est intervenu directement auprès de la Fifa pour faire annuler un carton rouge, les États-Unis ont refusé des visas à une partie du staff iranien.

Cette sélection d’ailleurs a été  accusée par des médias occidentaux de représenter le régime et non le peuple! Tandis qu’une sénatrice paraguayenne n’a pas hésité à tenir des propos racistes et déshumanisants à l’encontre du footballeur français Kylian Mbappé.  Sans compter que, pendant les huitièmes de finale opposant l’Argentine à l’Égypte, des tensions majeures ont éclaté dans les tribunes. Des supporters argentins ont été filmés en train de jeter des boissons alcoolisées et des déchets sur les supporters égyptiens installés en contrebas.

Face à cette escalade de tensions et d’incivilités, le discours officiel de la Fifa sonne singulièrement creux. On repense alors à Gianni Infantino qui, à l’aube du tournoi, lançait un vibrant «appel à la paix» en réaffirmant le rôle fédérateur du football dans un monde tourmenté. Entre les vœux pieux de la Fifa et le chaos du réel, le fossé n’a jamais semblé aussi abyssal. Décidément, la Coupe est pleine.

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Auteur

Samir DRIDI

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