Culture

Dar El Bahhar : Le musée qui n’existe pas encore

  • 21 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Dar El Bahhar : Le musée qui n’existe pas encore

Et pourtant. Tout concorde pour que ce futur musée, pensé, conçu, réfléchi et dessiné soit le cœur attractif de la cité de la mer.

La Presse — Remarquablement situé, face à la mer, entre le port, le marché municipal, le marché aux poissons, l’entrée de Borg Erras et….le Nadi, ce fameux club historique où bat le pouls de la ville, Dar el Bahhar, dont les locaux ne demandent que quelques aménagements, n’attend plus que de bonnes fées se penchent sur son sort.

A vol d’oiseau du phare, du Port punique et du musée de la ville, il ne pourra que s’intégrer dans un circuit attractif tant pour les touristes que pour les Tunisiens soucieux de mieux connaître leur patrimoine.

Car à Mahdia, la pêche n’est pas une activité annexe mais une composante essentielle de la vie de la cité.

Récemment, une étude de faisabilité était demandée à des experts en muséographie par la municipalité de la ville, soucieuse de rentabiliser ce qui n’était encore qu’un projet.

Soumaya Gharsallah et Memia Taktak se sont toutes deux plongées dans ce dossier, et se sont passionnées pour le projet.

Elles se sont attachées à définir les publics potentiels de ce futur musée, élément essentiel de viabilité: les touristes, bien sûr, la ville de Mahdia en accueille chaque année près de 200.000. Mais également les étudiants, la cité comptant six établissements universitaires regroupant quelque 8.000 étudiants, hormis les établissements scolaires et les centres de formation. Et bien sûr ceux qui sont supposés être les plus concernés, c’est-à-dire les pêcheurs, les professionnels du secteur maritime, les écologistes, les chercheurs…

A ce public, le musée proposera des programmes éducatifs, des ateliers participatifs, des dispositifs de médiation innovants.

En s’intégrant dans les circuits touristiques et culturels, en enrichissant le potentiel patrimonial de la cité, le musée jouera un rôle actif dans la dynamisation de l’économie locale, avec des retombées certaines sur l’hôtellerie, la restauration, le transport, l’artisanat…

Pour réaliser ces beaux projets, que faut-il faire ?

Tout d’abord, un état des lieux. Le bâtiment existe. Il s’agirait juste de renforcer son identité visuelle par de légères interventions extérieures. Par contre, à l’intérieur, les espaces doivent être revus pour respecter les normes muséales d’exposition, assurer une clarté du parcours de visite, garantir des ambiances en adéquation avec les contenus du musée. En un mot respecter les standards internationaux.

Ensuite, définir ce que l’on se propose de présenter.

Plus d’une quinzaine de musées de la mer ou de la pêche, essentiellement en Méditerranée, ont été soigneusement étudiés quant à leur contenu. Des propositions ont été dégagées à l’issue de plusieurs réunions par les membres de l’Association du cercle mutuel—le nadi—des spécialistes en biologie marine, des recherches documentaires…

Il en ressort un programme muséographique en plusieurs séquences :

La pêche à Mahdia : types et techniques de pêche, infrastructure et métiers

La faune et la flore sous-marine

Patrimoine et histoire : les traditions, la mer dans l’histoire.

Bien sûr, dans sa phase actuelle, le musée possède des collections d’objets, de documents, dont une très belle collection de maquettes de bateaux de pêche. Il s’agira de l’étoffer et de la compléter.

D’organiser un plan de communication, et bien sûr de trouver le nerf de la guerre. Pour trouver le budget nécessaire à ce beau projet, on se propose de trouver des partenariats, des mécénats, des sponsorings, et éventuellement du crowfunding.

Que Lella Bahria, la sainte des lieux dont la supposée sépulture dans l’eau fait face au musée, et Sidi Jaber qui domine la colline du fort se penchent sur ce projet et lui accordent leur grâce.

Auteur

Alya HAMZA

You cannot copy content of this page