12 jours consécutifs au-dessus de 37 °C un expert décrypte un été hors normes en Tunisie
La vague de chaleur marine qui frappe actuellement la Méditerranée a atteint un niveau exceptionnel. Selon l’ingénieur environnemental et expert en climat Hamdi Hachad, l’Administration nationale américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) a classé cet épisode en catégorie 4, le plus haut niveau de l’échelle des vagues de chaleur marines, pour les journées des 20 et 21 juillet 2026. Ce niveau correspond à une “vague de chaleur marine extrêmement sévère”, un phénomène rare aux conséquences potentiellement majeures sur le climat et les écosystèmes.
Une cinquième vague de chaleur marine consécutive
Intervenant mercredi 22 juillet sur Express Fm, Hamdi Hachad a indiqué que plusieurs secteurs de la Méditerranée enregistrent des températures de surface supérieures de plus de 5 °C aux normales saisonnières, atteignant localement 31 °C.
Selon l’expert, cette surchauffe ne menace pas uniquement les écosystèmes marins. Elle constitue également une importante source d’énergie favorisant le développement de violents orages, comme ceux observés actuellement dans certaines régions d’Italie et de Croatie. Elle contribue aussi à une forte hausse du taux d’humidité, accentuant la sensation de chaleur et le stress thermique ressenti par les populations.
Hamdi Hachad rappelle que les vagues de chaleur marines sont classées sur une échelle allant de la catégorie 1 à la catégorie 4. Atteindre le niveau maximal signifie que la Méditerranée se transforme en un véritable réservoir thermique, emmagasinant une quantité exceptionnelle d’énergie.
Une telle situation pourrait avoir de lourdes répercussions sur les milieux marins : mortalité de certaines espèces, dégradation des herbiers marins et des récifs, perturbation des activités de pêche, mais aussi augmentation de l’énergie et de l’humidité disponibles pour les phénomènes météorologiques extrêmes.
L’expert souligne également le caractère préoccupant de la situation : il s’agit de la cinquième vague de chaleur marine consécutive en Méditerranée classée parmi les catégories les plus élevées.
Pour lui, cette succession d’épisodes démontre que ces phénomènes ne sont plus exceptionnels. Ils constituent désormais un marqueur du réchauffement accéléré de la Méditerranée et des effets du changement climatique.
Un hiver potentiellement plus chaud et marqué par des pluies intenses
S’agissant des perspectives climatiques, Hamdi Hachad estime que l’hiver prochain pourrait connaître des épisodes de fortes précipitations concentrées sur de courtes périodes, tout en enregistrant des températures supérieures aux normales saisonnières.
Face à cette évolution, il appelle les autorités à adopter une véritable approche d’urgence climatique, afin d’anticiper des changements météorologiques de plus en plus rapides et intenses.
Sur un autre plan, l’expert relève qu’au cours des douze derniers jours, les températures ne sont jamais descendues sous les 37 °C.
Selon lui, l’exceptionnelle intensité de l’été 2026 ne tient pas seulement aux records de chaleur enregistrés, mais à la combinaison de trois facteurs : des températures exceptionnellement élevées, une durée inhabituelle de la vague de chaleur et l’absence de refroidissement nocturne.
Si ces observations sont confirmées à l’issue de l’épisode actuel, l’été 2026 pourrait figurer parmi les plus chauds que la Tunisie ait connus au cours des dernières décennies, estime-t-il.
Hamdi Hachad se montre toutefois relativement rassurant pour les prochaines semaines. Il prévoit un retour progressif des températures vers les normales saisonnières au cours des deux prochaines semaines, la Tunisie ayant, selon lui, déjà atteint le pic de la chaleur estivale. Même en cas de nouvelle vague de chaleur, celle-ci ne devrait ni atteindre la même intensité, ni durer aussi longtemps que l’épisode actuel, conclut-il.



