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Crise de la CNAM : médecins et pharmaciens dénoncent une gouvernance défaillante et menacent de suspendre le tiers payant

  • 22 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Crise de la CNAM : médecins et pharmaciens dénoncent une gouvernance défaillante et menacent de suspendre le tiers payant

Auditionnés d’urgence par la commission de la santé de l’ARP, les syndicats des professionnels de la santé révèlent que les arriérés de la Caisse atteignent 80 millions de dinars pour les médecins et 180 millions pour les pharmaciens. Près de 300 officines ont déjà bloqué le système du tiers payant, menaçant l’accès constitutionnel des citoyens aux médicaments et aux séances d’hémodialyse.

Le système de couverture sociale et de prise en charge médicale traverse un point critique et alarmant. Ce mardi 21 juillet 2026, la Commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées de l’Assemblée des Représentants du Peuple, a convoqué une séance d’audition parlementaire de crise.

Les députés ont entendu les rapports du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées et du Syndicat tunisien des médecins du secteur privé. Selon le bulletin officiel de l’administration du Parlement, les professionnels de la santé ont lancé un cri d’alarme face au blocage total de leurs clauses contractuelles avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, exigeant un arbitrage législatif d’urgence pour empêcher l’effondrement global de l’accès aux soins.

L’argument central opposé par les prestataires de santé prend à contre-pied la communication officielle des caisses sociales. Les représentants des praticiens et des pharmaciens ont unanimement démontré que la CNAM ne souffre d’aucun déficit budgétaire ou manque de liquidités financières structurelles.

Selon leurs diagnostics, l’asphyxie actuelle du système découle exclusivement d’un déficit d’un manque de gouvernance, d’une opacité managériale et d’une mauvaise gestion administrative des flux de remboursement par les directeurs de la Caisse. Affirmant avoir épuisé l’intégralité des voies de recours, de dialogue et de conciliation paritaires avec les services de la CNAM et les directions du ministère des Affaires sociales, les syndicats somment le Parlement d’intervenir par la force de la loi pour sauver le service public de la santé et protéger les assurés sociaux.

260 millions de dinars d’impayés

Les indicateurs de créances présentés devant les élus du peuple chiffrent l’ampleur du gouffre financier subi par le secteur libéral. En effet, les arriérés cumulés de la CNAM envers les médecins du secteur privé atteignent un stock lourd de 80 millions de dinars. Les syndicats médicaux révèlent que l’immense majorité des cabinets et cliniques conventionnés subit un gel total de ses remboursements depuis plus de six mois, étranglant la trésorerie des structures de proximité.

Les médecins exigent alors l’application immédiate de l’accord sectoriel prévoyant une revalorisation de deux dinars du forfait de la séance d’hémodialyse, une quote-part devant être intégralement fléchée vers les honoraires des praticiens pour pérenniser la survie des centres de dialyse.

Pour ce qui est du passif de la Caisse envers les pharmaciens d’officines, il franchira le cap critique des 180 millions de dinars d’ici la fin du mois de juillet 2026, le retard de paiement atteignant désormais un délai fixe de six mois. Le syndicat prévient que la CNAM accumule une ardoise supplémentaire d’un million de dinars pour chaque jour de retard de règlement, acculant des centaines d’officines à la faillite, incapables de régler les factures des grossistes-répartiteurs, leurs échéances fiscales ou leurs propres charges de sécurité sociale.

Les conséquences directes de cette rupture financière impactent déjà l’accès aux soins au comptoir. Les syndicats ont révélé aux parlementaires que sur un réseau national d’environ 2 000 officines conventionnées sur le territoire, près de 300 pharmacies privées ont d’ores et déjà officiellement suspendu l’application du système du tiers payant.

Face à l’absence de visibilité, ce chiffre risque de grimper de manière exponentielle au cours des prochains jours, indiquent les syndicalistes. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une « trajectoire à haut risque qui viole de facto le droit constitutionnel à la santé en privant les malades chroniques de leur accès aux médications ».

Les professionnels ont conclu leur réquisitoire en exprimant leur profonde inquiétude face à la pénurie aiguë et généralisée de médicaments de référence constatée dans les hôpitaux publics et les cliniques de la place, une conséquence mécanique du non-paiement répété des fournisseurs internationaux et des laboratoires par la Pharmacie Centrale, exigeant la mise en place d’une cellule de crise ministérielle immédiate.

R.I

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R. I

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