“La Méditerranée est en train de bouillir” : l’alerte de Mehrez Ghannouchi
Le météorologue tunisien Mehrez Ghannouchi a mis en garde contre le réchauffement exceptionnel des eaux de la Méditerranée, estimant que cette situation pourrait accroître le potentiel de phénomènes météorologiques violents au cours de la fin de l’été et du début de l’automne, si les conditions atmosphériques deviennent favorables.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook officielle, l’expert explique que la Méditerranée connaît actuellement une vague de chaleur marine d’une intensité inhabituelle. Selon lui, la température de l’eau dépasse désormais 30, 31 et localement 32 °C dans certaines zones du bassin occidental, avec des anomalies thermiques pouvant atteindre 6 °C au-dessus des normales saisonnières.
Pour Mehrez Ghannouchi, ces valeurs ne constituent pas en elles-mêmes un motif d’inquiétude immédiate, mais représentent un signal climatique important qu’il convient de suivre avec attention.
Il rappelle que la mer joue un rôle déterminant dans le système climatique en emmagasinant une importante quantité d’énergie thermique. Cette énergie est ensuite progressivement transférée à l’atmosphère, alimentant l’évaporation et augmentant la teneur en humidité de l’air.
Dans ce contexte, l’arrivée d’une dépression ou d’une perturbation automnale au-dessus d’une mer exceptionnellement chaude pourrait favoriser le développement de phénomènes météorologiques plus intenses. L’expert évoque notamment la possibilité de pluies très abondantes en peu de temps, de crues soudaines, de violents orages accompagnés de fortes rafales descendantes, de chutes de grêle importantes et, dans des conditions très particulières, de la formation de cyclones méditerranéens, communément appelés Medicanes.
Toutefois, Mehrez Ghannouchi insiste sur le fait qu’il est impossible, à ce stade, de prédire la survenue de tels événements. Selon lui, le réchauffement exceptionnel de la mer ne provoque pas automatiquement ces phénomènes, mais augmente leur probabilité lorsque les autres paramètres météorologiques sont réunis.
Le météorologue attire également l’attention sur les conséquences environnementales d’une Méditerranée plus chaude. Il cite notamment une diminution de l’oxygène dissous dans l’eau, un impact potentiel sur les ressources halieutiques, une augmentation de la mortalité de certaines espèces marines, ainsi qu’une prolifération plus importante d’espèces invasives et de méduses.
Sur le continent, une mer plus chaude contribue également au maintien de nuits plus chaudes et plus humides, en particulier dans les régions côtières. Cette situation accentue le stress thermique, complique la récupération de l’organisme après les épisodes caniculaires et entraîne une hausse de la consommation d’électricité et d’eau.
Concernant la Tunisie, Mehrez Ghannouchi souligne que, même si une baisse des températures est attendue dans les prochains jours, la Méditerranée conservera encore pendant plusieurs semaines une importante réserve de chaleur. Selon lui, la période de vigilance se situera surtout lors des premières perturbations automnales, qui pourraient interagir avec cette masse d’eau exceptionnellement chaude.
En conclusion, l’expert estime que le réchauffement actuel de la Méditerranée constitue une illustration supplémentaire des effets du changement climatique. Sans annoncer avec certitude la survenue d’inondations ou de tempêtes, il appelle à suivre de près l’évolution des conditions météorologiques dans les mois à venir et à renforcer la préparation face aux risques climatiques.
R.I



