Les unités de la Protection civile se sont déployées pour éteindre les feux de forêt qui se sont déclarés dans la région de Bizerte, avec comme point de départ Ghar El Melh. A l’instar de ce qui se passe en Algérie sœur et voisine, la Tunisie aurait sans doute pu bénéficier de l’appui des pays européens voisins face à ces drames forestiers qui touchent de nombreux pays du Bassin méditerranéen…
La Presse — Les incendies de forêt qui se sont déclarés dans la région de Nador, entre Rafraf, Sidi Ali El Mekki et Ghar El Melh, continuent de mobiliser d’importants moyens humains et matériels. Après plus de seize heures d’interventions ininterrompues, les équipes de la Protection civile, de la Direction générale des forêts, de l’Armée et de la Garde nationales poursuivent leurs opérations afin de maîtriser les différents foyers et d’empêcher toute nouvelle propagation.
Les conditions d’intervention demeurent particulièrement difficiles. Le relief escarpé de la région, combiné à des vents soutenus, a favorisé la progression rapide des flammes et compliqué l’accès des secours aux zones les plus touchées. Malgré ces obstacles, les équipes engagées restent pleinement mobilisées pour protéger les habitants, les espaces forestiers et les infrastructures.
Une évacuation préventive
Face à la menace, les autorités ont procédé à l’évacuation préventive de plusieurs familles. Huit femmes et six nourrissons ont été mis en sécurité et hébergés au Centre de formation professionnelle à la pêche maritime de Ghar El Melh, où ils bénéficient d’une prise en charge en attendant l’évolution de la situation.
Le bilan fait également état de dégâts matériels, dont l’incendie d’un café situé sur la plage, tandis que les flammes ont continué de menacer plusieurs secteurs proches des habitations.
Distribution d’eau et d’électricité très perturbée
La catastrophe est aggravée par la perturbation des services essentiels. Les habitants de Rafraf, de Sidi Ali El Mekki et des localités avoisinantes ont subi une longue coupure d’électricité, plongeant la région dans l’obscurité et compliquant les opérations de secours durant la nuit. L’interruption de l’approvisionnement en eau potable a également accentué les difficultés des riverains, privés d’un moyen indispensable pour protéger leurs habitations et faire face aux effets de l’incendie.
Les habitants, soutenus par les autorités locales, ont appelé au renforcement des moyens de lutte contre les incendies ainsi qu’au rétablissement rapide des réseaux d’eau et d’électricité. Si la situation est désormais placée sous une surveillance étroite aux alentours de Rafraf et de Sidi Ali El Mekki, les autorités soulignent que le danger n’est pas totalement écarté. Les conditions météorologiques, notamment les vents persistants et les fortes températures, maintiennent un risque de reprise des foyers.
Les services de secours poursuivent ainsi leur dispositif de veille afin de prévenir toute réactivation des incendies et protéger les populations ainsi que le patrimoine forestier de la région. Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de l’engagement des différentes institutions de l’État, épaulées par les services de secours et les acteurs de la solidarité, pour faire face à l’une des situations les plus préoccupantes de cet été dans le gouvernorat de Bizerte.
A noter que d’autres incendies se sont déclarés durant ce «mardi noir» notamment à Zaghouan, Le Kef et surtout à Dougga, pendant que se tenait un festival musical à quelques encablures du foyer principal du feu et des flammes …



