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CA – Maher Kanzari à la barre : Le dilemme cœur-raison !

  • 23 juillet 2026
  • 5 min de lecture
CA – Maher Kanzari à la barre : Le dilemme cœur-raison !

Kanzari, contesté par une partie des supporters, pourra-t-il surmonter ce handicap et réussir sur un terrain tendu ? Il a les atouts pour le faire.

La Presse — Les noms de Mohamed Kouki, Lassâad Dridi, Benchikha, Chokri Khatoui ont circulé vivement pour succéder à Benzarti, mais c’est finalement Maher Kanzari qui a été choisi. Une surprise pour plusieurs, une évidence pour d’autres, mais une chose est sûre, l’arrivée de Kanzari au parc A a créé un tollé général.

Elle n’a pas fait que des heureux, une partie des supporters, via les réseaux sociaux, n’était pas contente tout simplement. On n’a pas digéré que Kanzari, ex-joueur et entraîneur de l’EST, débarque. On lui reproche des déclarations anti-CA l’avant-dernière saison quand il était entraîneur du ST et puis de l’EST, et le plus important, on n’accepte pas son étiquette « sang et or ».

Les antécédents Nabil Maâloul et Yousef Zouaoui n’ont pas été oubliés. Et c’est ce qui rend la décision un peu controversée, car l’ampleur des contestations n’est pas négligeable. Surtout pour les supporters clubistes orgueilleux après le sacre gagné face au frère ennemi. Maher Kanzari peut-il surmonter ce préjugé défavorable et ce veto qui n’est pas négligeable ?

« Je sais ce qui m’attend »

L’intéressé lui-même n’est pas, en tout cas, loin de ce débat. Il nous résume en quelques mots sa réaction sur ce sujet : « Je suis heureux pour cette confiance des dirigeants clubistes en ma personne. Pour les supporters qui ne sont pas chauds quant à mon arrivée, je vais tout faire pour réussir et aider le CA à conserver son titre.

Je sais ce qui m’attend et je connais bien l’atmosphère et l’ambiance des grands clubs qui jouent pour les titres », nous a-t-il déclaré. Le nouvel entraîneur clubiste va choisir son staff, et, bien sûr, Sami Zommit, son homme de confiance, sera premier adjoint, alors que pour le reste du staff, ce sera plus les choix de Kanzari. Les Touihri, Noubigh, Ben Othmane, eux, devraient rejoindre Benzarti en Libye.

Le côté cœur soulevé, passons côté raison. Mehdi Miled, piégé par Faouzi Benzarti qui a choisi l’argent des Libyens et failli à son engagement moral (même s’il n’a jamais eu d’engagement moral durant toute sa carrière), n’a pas mis longtemps pour désigner Kanzari. Il a cherché un profil et non une personne, il a cherché un entraîneur de métier, pas coûteux, prêt à relever le défi, qui sait travailler sous pression, qui a une expérience de l’Afrique, et donc, parmi les quelques noms qui restent, Kanzari a été la « meilleure» solution.

Un entraîneur étranger qui a un bon CV, qui a joué et entraîné au haut niveau à l’image des entraîneurs français qui ont souvent réussi au CA, c’était une solution qui demandait plus de temps d’adaptation. Chose que Miled ne voulait pas, et il a raison quelque part. Maher Kanzari est plutôt le choix de la raison.

Son CV est très respectable avec une longue expérience en tant que sélectionneur adjoint avec Leekens, Giresse et Benzarti, et aussi sélectionneur olympique et des U 17, sans oublier son passage à l’EST, au ST, au CAB et au Qatar en tant que premier entraîneur. A 53 ans, il est au top de sa carrière d’entraîneur, et le plus important, il sait ce que veut dire travailler sous pression et jouer pour les titres. Autre point qui a joué en sa faveur, son penchant pour les jeunes joueurs qu’il aide à émerger.

Contrairement à Benzarti, Kanzari est de ces entraîneurs qui croient en les jeunes joueurs même dans les grands clubs qui, généralement, n’accordent de confiance qu’aux joueurs prêts. Avec les Abdelhak, Zouabi, Chouchene, Mrad, Laâbidi, Tayachi, Mokhtari, Jebali, Kanté, Tanago, il y a une pépinière si talentueuse qui n’attend que de lui accorder une chance.

Avec Benzarti, tout ce beau monde allait être mis de côté, sur le banc au meilleur des cas. Avec Kanzari, il y a une forte chance qu’ils prennent une place au soleil.

Quant à son étiquette EST, ce n’est pas nouveau dans le monde du football. Il faut quand même avancer et ne plus vivre dans les marasmes du fanatisme aveugle, surtout pour une partie du public éclairée mais qui, soudain, raisonne avec son instinct et pas avec sa tête. Kanzari est un entraîneur professionnel  et il fera tout pour réussir.

L’EST est désormais pour lui un concurrent et un adversaire qu’il faudra battre. Il n’aura pas de sentiments de clémence ou d’affection pour son ex-club. Le professionnalisme est ainsi. Ceux qui refusent Kanzari, parce qu’il débarque de l’autre rive, ne disent rien sur Faouzi Benzarti qui les a « trahis » plus d’une fois et leur a préféré l’argent. De plus, c’est quelqu’un qui faisait tout pour entraîner l’EST et pour se rapprocher de son président. Ceux qui ont travaillé avec lui savent bien qu’il traitait l’EST avec une énorme admiration. L’ère Kanzari commence, autant l’aider à bien aborder sa délicate tâche.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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