La protection de la biodiversité et des ressources naturelles en Tunisie nécessite une stratégie nationale de long terme pouvant s’étendre sur 30 à 40 ans, basée sur des “solutions fondées sur la nature” et une responsabilité collective, a affirmé l’expert international en conservation de la nature, Faouzi Maamouri.
Intervenant ce dimanche 26 juillet 2026 sur Diwan Fm, l’expert a estimé que les pressions exercées sur les écosystèmes tunisiens sont principalement liées aux activités humaines, notamment à travers l’urbanisation et certains choix d’aménagement du territoire qui ne tiennent pas suffisamment compte des contraintes environnementales.
Selon lui, la Tunisie doit revoir son approche en matière d’aménagement afin d’intégrer davantage les impératifs écologiques, notamment en préservant les équilibres naturels et en adoptant des solutions adaptées aux effets du changement climatique.
Faouzi Maamouri a notamment appelé à préserver les lits naturels des cours d’eau et à éviter les constructions dans les zones d’écoulement, afin de limiter les risques liés aux inondations.
Il a également alerté sur la situation des zones humides tunisiennes, qui auraient perdu près de la moitié de leur superficie sous l’effet de l’expansion urbaine et agricole, alors qu’elles jouent un rôle essentiel dans la régulation hydrologique et la protection contre les phénomènes extrêmes.
Plus de 4400 hectares de forêts détruits cette année
Abordant la question des incendies de forêt, l’expert a rappelé l’ampleur des pertes enregistrées ces dernières années. La Tunisie a perdu environ 17 000 hectares de couvert forestier en 2017, tandis que les incendies de 2021 ont ravagé près de 25 000 hectares.
Pour l’année en cours, les feux ont déjà détruit plus de 4400 hectares de forêts, a-t-il indiqué.
Selon lui, la restauration des écosystèmes forestiers après de tels dégâts nécessite du temps, la reconstitution de l’équilibre naturel pouvant prendre entre 30 et 50 ans.
L’expert a ausis insisté sur le fait que la protection de l’environnement ne relève pas uniquement des institutions publiques, des municipalités ou des services forestiers, mais constitue une responsabilité partagée impliquant également les citoyens.
Il a appelé à lutter contre les comportements nuisibles, notamment l’abandon des déchets et des plastiques dans les espaces naturels, sur les plages et dans les lieux publics.
En conclusion, Faouzi Maamouri a souligné que la préservation des ressources forestières et hydriques passe par une véritable prise de conscience collective, avertissant que la poursuite des comportements irresponsables risque d’accentuer la dégradation environnementale et d’aggraver les conséquences du changement climatique.
R.I



