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Conséquences des délestages en Tunisie : La durée de vie des appareils ménagers et électroniques menacée

  • 27 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Conséquences des délestages en Tunisie : La durée de vie des appareils ménagers et électroniques menacée

A défaut de s’équiper en blocs multiprises contre les surtensions, la surchauffe et les pics d’électricité, les appareils ménagers et électroniques des maisons tunisiennes risquent de se détériorer et de subir une panne majeure à terme. Il faut redoubler de vigilance pour le bon fonctionnement de ses appareils, surtout dans les régions reculées du pays ou parmi les plus touchées comme Rafraf (Bizerte) ou certaines délégations à Sousse ou Monastir, sans oublier le Grand Tunis, par les perturbations électriques et les délestages.

La Presse — Depuis la mi-juillet, de nombreuses régions du pays sont confrontées à des coupures d’électricité répétitives, souvent non annoncées ou insuffisamment expliquées. Ces délestages, qui se poursuivent depuis une dizaine de jours, rythment désormais le quotidien de milliers de familles tunisiennes et soulèvent de nombreuses interrogations quant à leurs conséquences sur la vie des citoyens, les équipements domestiques et l’activité économique.

Pour les ménages, les interruptions de courant ne se limitent pas à une simple gêne. Elles perturbent profondément les habitudes quotidiennes des familles tunisiennes. Les appareils électroménagers cessent de fonctionner, les climatiseurs s’arrêtent en pleine période de fortes chaleurs, les ascenseurs sont immobilisés et les connexions internet deviennent instables, compliquant le télétravail, les études à distance et les activités professionnelles des familles tunisiennes.

Risques accrus de détérioration

Les coupures répétées, ainsi que les variations de tension qui les accompagnent souvent, suscitent également des inquiétudes quant à la durée de vie des équipements électriques. Réfrigérateurs, congélateurs, téléviseurs, ordinateurs, climatiseurs et autres appareils électroniques sont exposés à un risque accru de panne ou de détérioration. Pour de nombreux foyers tunisiens, le remplacement ou la réparation de ces équipements représente une charge financière difficile à supporter dans un contexte économique déjà marqué par une forte inflation.

La conservation des aliments constitue une autre préoccupation majeure pour les familles. Les réfrigérateurs, soumis à des interruptions fréquentes, peinent à maintenir une température suffisamment basse pour garantir la fraîcheur des produits. Viandes, produits laitiers, poissons, plats cuisinés et médicaments nécessitant une chaîne du froid deviennent particulièrement vulnérables.

Les familles sont souvent contraintes de consommer rapidement leurs provisions, de limiter leurs achats ou, dans le pire des cas, de jeter des aliments devenus impropres à la consommation, aggravant ainsi le gaspillage alimentaire. Nombre de familles ont dû jeter leurs provisions alimentaires, notamment les viandes rapidement périmées, ce qui a suscité tant de frustrations.

Professionnels non épargnés

Les professionnels ne sont pas non plus épargnés. Commerçants, restaurateurs, boulangers, artisans et petites entreprises subissent des pertes liées à l’arrêt des équipements, à la détérioration des marchandises et au ralentissement de leur activité. Les coupures perturbent également les services administratifs et certaines prestations de santé, notamment lorsque les établissements ne disposent pas de groupes électrogènes performants.

Face à cette situation, plusieurs citoyens ont adopté des mesures de précaution. L’utilisation de multiprises équipées de protections contre les surtensions, le débranchement des appareils sensibles lors des coupures, ainsi que le recours à des onduleurs pour protéger les équipements informatiques figurent parmi les solutions les plus répandues.

Pour préserver les aliments, les spécialistes recommandent de limiter l’ouverture des portes du réfrigérateur et du congélateur pendant les coupures afin de conserver le froid le plus longtemps possible. Le regroupement des produits dans le congélateur et l’utilisation de glacières avec des accumulateurs de froid peuvent également contribuer à réduire les risques de détérioration.

Mieux communiquer sur les délestages

Au-delà des solutions individuelles, les citoyens réclament davantage de visibilité sur les horaires des délestages afin de pouvoir s’organiser. Une communication plus régulière et plus transparente permettrait aux familles comme aux professionnels d’anticiper les coupures et d’en limiter les conséquences.

Face aux difficultés quotidiennes engendrées par les coupures d’électricité imprévisibles de la Steg, une professionnelle des médias en Tunisie propose une alternative radicale pour remplacer le délestage ponctuel et désordonné : «Au lieu de coupures aléatoires qui paralysent la vie quotidienne, comme l’impossibilité d’utiliser l’ascenseur, de cuisiner ou de travailler, elle suggère une coupure générale quotidienne de 14h00 à 17h00 sur tout le territoire, à l’exception des hôpitaux et des services vitaux.

Cette programmation fixe permettrait aux citoyens d’organiser leur temps et d’éviter l’angoisse constante de la panne inopinée». Selon l’auteur, cette coupure collective et simultanée, suivie d’un retour synchrone de l’électricité, pourrait paradoxalement dynamiser l’activité commerciale, comparant ce moment à une ambiance de rupture du jeûne. Enfin, elle suggère d’organiser un référendum national pour soumettre cette solution aux citoyens.

Alors que les températures estivales demeurent élevées et que la demande en électricité reste soutenue, les délestages mettent en évidence les défis auxquels est confronté le réseau électrique national. Entre impératifs techniques, hausse de la consommation et attentes légitimes des usagers, la question de la sécurité de l’approvisionnement électrique s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur pour la Tunisie.

En attendant le retour à une alimentation électrique stable, les Tunisiens continuent de s’adapter tant bien que mal à un quotidien rythmé par les coupures de courant, avec l’espoir que des solutions durables permettront de mettre fin à une situation qui affecte directement leur qualité de vie et leur pouvoir d’achat.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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