Diplomatie économique : Le Président plaide pour une approche proactive
Le Chef de l’État a toujours plaidé pour une diplomatie économique qui, grâce à une «approche proactive», soit capable de défendre les intérêts stratégiques du pays, d’imposer une meilleure attractivité des investissements et d’aider nos entreprises à mieux intégrer les chaînes de valeur mondiales. Autant de défis qui nécessitent, certainement, des compétences spécifiques capables de communiquer, de négocier et d’argumenter.
La Presse — Tout au long de la prochaine étape, les enjeux, notamment financiers, seront très importants. C’est que les programmes retenus par les le plan de développement 2026-2030 et ses différents objectifs stratégiques, placent notre pays devant la nécessité de s’entourer d’une dynamique financière assez solide.
Certes, notre pays a réussi, de l’avis même des institutions économiques internationales, à se refaire une santé financière, mais cela reste quelque peu timide face à l’ampleur des défis et aux exigences des objectifs préétablis.
N’oublions pas, également, que le rythme de croissance, même s’il suit toujours une trajectoire positive n’est pas encore assez soutenu pour créer suffisamment de richesses, instaurer une véritable dynamique d’emploi et ou satisfaire des besoins de plus en plus grandissants.
Et c’est surtout la complexité de l’accès aux marchés financiers extérieurs qui complique plus la mission de nos décideurs qui sont contraints de trouver la bonne parade pour redresser la barre et imposer un rythme d’investissements, notamment étrangers, bien accéléré. Dans le cadre, bien entendu, du respect total de notre souveraineté économique et financière.
Certes, et comme on l’a déjà soulevé dans ces mêmes colonnes (voir La Presse du 22 juillet), notre pays a réussi à soigner d’une manière significative son attractivité des IDE, en enregistrant en 2025 sa cinquième hausse annuelle consécutive depuis 2020, mais cela resterait, bien évidemment, insuffisant. Il est nécessaire donc d’aller encore plus loin, aussi bien au niveau quantitatif que qualitatif.
Une orientation ciblée
Et c’est bien là qu’intervient, certainement, l’importance de notre diplomatie économique qui est appelée plus que jamais à s’associer totalement et surtout, inconditionnellement, aux choix stratégiques nationaux. Nos représentants doivent œuvrer, en effet, à soutenir régulièrement nos objectifs de croissance à travers le renforcement de la position tunisienne à l’international, à la valorisation permanente de ses atouts et ses avantages préférentiels et à l’élargissement de sa capacité d’adaptation aux nouvelles tendances des marchés mondiaux.
Une mission délicate qui suppose, estiment les analystes, «une bonne aptitude à sécuriser les approvisionnements vitaux tout comme les secteurs clés», à s’assurer une orientation ciblée aussi bien des investissements que des financements, à encadrer nos entreprises à l’international, à les aider à bien intégrer les chaînes de valeurs mondiales et à mieux user des accords commerciaux internationaux comme un levier d’argumentation et de puissance.
Cette orientation est d’autant plus incontournable que notre diplomatie, malgré toute la volonté politique, n’arrive toujours pas à se détacher. Les analystes parlent, justement, d’impact restreint en raison «de faiblesses structurelles et organisationnelles, d’un manque de coordination institutionnelle, de rigidité administrative ou encore de défaillance au niveau de l’offre locale face à la concurrence internationale».
Autant de contraintes qui nécessitent des corrections urgentes en se dotant d’une politique directe et agressive. Nos diplomates doivent, comme le recommande, à chaque fois, le Chef de l’Etat, œuvrer constamment à actualiser nos accords et autres conventions qui ne servent pas les objectifs prioritaires nationaux car «déséquilibrés et préjudiciables à notre économie dans plusieurs secteurs».
Il serait aussi très important que de tels enjeux reposent sur notre capacité à mobiliser les compétences appropriées, spécifiques et, plus important encore, «capables de négocier, de communiquer et d’argumenter».



