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Festival de Bizerte : Cheb Mami fait revivre la magie du Raï

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  • 27 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Festival de Bizerte : Cheb Mami fait revivre la magie du Raï

La soirée de Cheb Mami, dimanche, au menu de la 43e édition du Festival international de Bizerte (FIB), n’a pas été uniquement le concert d’un artiste de retour en Tunisie, mais un rendez-vous avec toute une mémoire musicale de plus de quatre décennies. Elle a réuni le public venu nombreux de diverses générations à une voix associée aux années de faste du Raï des années 90 et au début des années 2000, lorsque ses chansons traversaient les frontières pour devenir une partie de la conscience maghrébine et arabe.

Bien avant l’heure prévue du spectacle, les gradins du théâtre de plein air de Bizerte étaient remplis par un public venu de plusieurs régions du pays, reflétant la place que conserve encore l’artiste algérien auprès des amateurs de Raï, et surtout après son retour sur cette scène après une longue absence.

Cheb Mami a démarré le show par la chanson « Mali Mali Hakadha ». Il a enchainé par des tubes rappelant les étapes les plus marquantes de sa carrière artistique, de « Wink Ya Tayr » et « Mon cœur est au pays des merveilles » au tube mondial « Desert Rose » qui l’a réuni avec Sting, puis « Tazaaza Khaterhi », « Hayem Bla Douwar » et « Yawm Wara Yawm », le duo qu’il a partagé avec l’artiste marocaine Samira Said, au milieu d’une interaction continue du public qui a repris les paroles et applaudi tout au long du spectacle.

Dans l’un des moments les plus marquants de la soirée, Cheb Mami s’est enveloppé des drapeaux tunisien et algérien au milieu des chaleureux applaudissements du public, sur une scène qui a été un reflet de la profondeur des liens culturels et émotionnels unissant les deux pays, et qui s’est harmonisée avec l’esprit du Raï en tant qu’art façonné dans l’espace maghrébin et demeuré un pont de rapprochement entre ses peuples.

Le choix de ces chansons n’était pas fortuit, mais semblait plutôt la résurgence d’un parcours qui a démarré dans la ville de Saïda, au sud-ouest d’Oran, où Cheb Mami est né en 1966, avant que sa participation au Festival de Marseille en 1986 ne constitue le grand tournant de sa carrière artistique, faisant de lui l’une des figures majeures du Raï.

Il a été le premier chanteur de Raï à enregistrer un album en France, ouvrant la voie à ce genre musical pour atteindre un public plus large, et il a mené des expériences artistiques avec des noms internationaux, dont Sting, Zucchero et Samira Said, tout en préservant un style particulier mêlant l’esprit du Raï populaire et les rythmes mondiaux.

D’une chanson à l’autre, la soirée s’est transformée en un voyage dans la mémoire de toute une génération qui a grandi avec les chansons de Cheb Mami débutant dans les années 90, alors que ses œuvres étaient écoutées dans les foyers, les voitures, les cafés et les festivals, ravivant ainsi des sentiments de nostalgie pour une période où le Raï constituait l’une des expressions musicales les plus saillantes au Maghreb.

Cheb Mami a attiré l’attention du public présent par sa capacité à préserver son timbre vocal qui a fait sa singularité depuis ses débuts. Malgré plus de 40 ans depuis le lancement de sa carrière, sa voix a su conserver son timbre, sa clarté, sa puissance et sa souplesse, au point de donner l’impression aux spectateurs d’écouter le même Cheb Mami qu’ils ont connu à la fin des années 80 et 90, une rare caractéristique pour un artiste qui a su sauvegarder son identité artistique et résister à l’épreuve du temps.

Après environ une heure de chant, l’artiste a quitté la scène en saluant le public, mais les applaudissements continus et les acclamations réclamant son retour auquel Mami a répondu par un retour sur scène pour interpréter « Fatma » et deux autres titres de son répertoire, concluant sa rencontre avec le public de Bizerte sous des applaudissements nourris.

Dans une déclaration à l’Agence TAP, Cheb Mami a indiqué que son expérience artistique a atteint aujourd’hui une nouvelle étape après plus de 40 ans de don, soulignant qu’il ne souhaite plus désormais que la santé, car il a réalisé au cours de sa carrière « plus qu’il n’avait osé en rêver », estimant que continuer à rencontrer son public dans divers pays représente aujourd’hui le plus beau fruit de son parcours artistique.

La soirée de Bizerte a renouvelé la présence de Cheb Mami sur la scène artistique tunisienne, après sa participation à la précédente édition du Festival international de Hammamet ainsi que l’animation de deux soirées dans le cadre de la manifestation « Ramadan à la Cité 2026 ». Mais, ce rendez-vous avait eu une saveur particulière, car il ne s’agissait pas seulement d’une résurgence de chansons ayant bâti la gloire d’un artiste, mais plutôt de la reconquête d’une époque où le Raï est resté l’étendard de toute une génération, au cours de laquelle Cheb Mami a prouvé que les vraies voix ne sont pas vaincues, et que la chanson sincère demeure capable de traverser le temps et de sceller la rencontre entre la mémoire et le présent.

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Auteur

La Presse

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