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Fortes pluies : ces failles qui aggravent le risque d’inondations en Tunisie

  • 11 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Fortes pluies : ces failles qui aggravent le risque d’inondations en Tunisie

La répétition des scènes d’inondation dans plusieurs villes tunisiennes lors des épisodes de fortes pluies met en évidence des fragilités structurelles dans les réseaux d’évacuation des eaux, selon l’expert en développement et en ressources hydriques Houcine Rahili. Il estime que l’absence de réseaux séparatifs, l’urbanisation anarchique et le manque d’anticipation figurent parmi les principaux facteurs aggravants.

Intervenant vendredi 11 septembre 2026 sur Jawhara FM, Houcine Rahili a souligné que la Tunisie souffre depuis plusieurs années de l’absence d’une évaluation globale et actualisée des causes des inondations, malgré la récurrence du phénomène.

Des réseaux incapables d’absorber les fortes pluies

Selon l’expert, la majorité des villes tunisiennes, du Nord au Sud, ne disposent pas de réseaux séparatifs permettant de distinguer l’évacuation des eaux usées de celle des eaux pluviales.

Dans de nombreux quartiers, un même réseau est ainsi utilisé pour évacuer simultanément les eaux usées et les eaux de pluie. Seuls certains quartiers récemment aménagés disposent de réseaux distincts.

Cette configuration constitue, selon Houcine Rahili, une faiblesse majeure lorsque surviennent des épisodes de fortes précipitations. Les réseaux existants peuvent alors rapidement atteindre leurs capacités maximales et ne plus être en mesure d’absorber les volumes importants d’eau.

La bétonisation réduit les capacités naturelles d’absorption

L’expert pointe également l’impact de l’extension urbaine anarchique et de la bétonisation sur l’écoulement des eaux.

Le développement des surfaces imperméabilisées a progressivement réduit les espaces naturels et les zones perméables qui permettaient auparavant à une partie des eaux de pluie de s’infiltrer dans les sols.

Cette évolution n’aurait, selon lui, pas été suffisamment accompagnée par la création d’infrastructures adaptées, notamment des bassins de rétention des eaux pluviales dans les zones basses et à proximité du littoral.

Une préparation qui devrait commencer dès avril

Houcine Rahili estime par ailleurs que la préparation à la saison des pluies intervient trop tardivement.

Il relève que les conseils ministériels consacrés à cette question se tiennent généralement en août ou en septembre, alors que les opérations de préparation devraient, selon lui, commencer plusieurs mois auparavant.

“Les études et les plans préventifs doivent commencer dès avril et mai”, a-t-il expliqué, afin de permettre aux autorités de réaliser à temps les opérations de maintenance, de curage et de nettoyage des canaux, mais aussi d’identifier les principaux axes d’écoulement des eaux avant l’arrivée des perturbations automnales.

Les premières pluies ravivent les inquiétudes

Les premières précipitations automnales ont une nouvelle fois provoqué des accumulations d’eau dans plusieurs quartiers et axes urbains, notamment dans le Grand Tunis.

Des scènes d’inondation ont notamment été observées au niveau de la station de Bab Alioua, de la station TGM (Tunis–La Goulette–La Marsa), ainsi que dans plusieurs secteurs de Raoued, Ariana et Tunis Ouest.

Des stations de transport public et des commerces ont été touchés par les eaux, ravivant le débat sur la capacité des infrastructures urbaines à faire face à des épisodes pluvieux de plus en plus intenses.

Pour Houcine Rahili, ces épisodes doivent ainsi être considérés non seulement comme des phénomènes météorologiques, mais également comme un enjeu d’aménagement urbain, d’infrastructures et de prévention, nécessitant une planification bien en amont de la saison des pluies.

M.B

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M. B

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